Soupçons de fraude et enquête à Lyon 2 (MàJ)

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A l’heure où plus de 24 000 étudiants se découvrent bacheliers, une cinquantaine d’étudiants guadeloupéens sont diplômés de l’université Lyon 2 sans l’accord de la faculté.

 

L’université ne prendra décidément pas de vacances cette année. Une enquête est ouverte  à l’encontre d’un enseignant à propos d’un faux partenariat avec une école de communication guadeloupéenne. Bilan : une cinquantaine de diplômes faussement délivrés à des étudiants de l’I2M à Pointe-à-Pitre. C’est La Tribune de Lyon qui découvre l’affaire. Une cinquantaine d’élèves auraient suivi une formation vendue 4 000 euros, soit plus de dix fois le coût d’inscription à Lyon 2, « en lien » avec la fac. Mais après visite sur le site de l’université, surprise : non seulement ce partenariat n’apparaît nulle part mais il a visiblement été rejeté par la direction. Pourtant, les élèves de l’I2M étaient bel et bien inscrits à Lyon en 2011 et 2012.

L'affaire commence quand les étudiants s'étonnent de ne pas recevoir leur carte d'étudiant à Lyon 2.

L’affaire commence quand les étudiants s’étonnent de ne pas recevoir leur carte d’étudiant à Lyon 2.

L’enquête, c’est Jean-Luc Mayaud, le Président de l’université Lumière Lyon 2 qui la débute quand il découvre le site internet de l’école privée, au début de l’année. Après un échange avec le directeur de l’obscure école de management I2M Sup de Co sur place, il s’avère que leur collaboration « n’est pas encore encadrée par une convention en bonne et due forme et que les modalités de la convention n’ont pas été validées » mais que le « principe » aurait été approuvé par l’ICOM, l’Institut de la communication (ICOM), une filière de l’université, signature d’Alain Girod, son directeur, à l’appui. C’est le début de la procédure judiciaire contre celui qui se rend régulièrement en Guadeloupe pour y enseigner, sans aucun cadre administratif. 

« Ce ne sont pas de faux diplômes »

Si son rôle dans cette affaire semble assez clair, la justice doit aujourd’hui déterminer si le directeur de l’ICOM, qui enseigne depuis une quinzaine d’années à Lyon 2 et a signé « les PV de jurys » qui ont conduit à la délivrance des diplômes, a bénéficié de « complicités ». En effet, tous les diplômes sont validés par un jury obligatoire, mis en place par le président de la composante. Selon le directeur de Lyon 2 « tous les diplômes ont été signés par le président du jury qui atteste de la validation ».  L’enquête administrative, en cours d’instruction, donnera lieu à un premier rapport samedi, avant un conseil de discipline en septembre. La sanction la plus lourde pourrait être la révocation de l’enseignant. Jean-Luc Mayaud, lui, n’exclut pas de poursuivre cette affaire, actuellement signalée au parquet, au pénal en cas de malversations ou de rémunérations indues. Lui n’a eu aucun contact avec le directeur de l’ICOM qui aurait, selon ses proches « agi de manière désintéressée ».

Une affaire qui intervient alors les universités Lyon 2 et Lyon 3 dervait se rapprocher dans un nouveau pôle d'enseignement de 19.000 m², à la place de l'ancien hôpital Saint-Luc Saint-Joseph, dès 2014. Une réputation d'ores et déjà ternie.

Une affaire qui intervient alors les universités Lyon 2 et Lyon 3 devraient se rapprocher dans un nouveau pôle d’enseignement de 19.000 m², à la place de l’ancien hôpital Saint-Luc Saint-Joseph, dès 2014. Une réputation d’ores et déjà ternie.

Lésés, les étudiants guadeloupéens bénéficieront d’une session spéciale d’examens en septembre, aux frais de l’I2M. Mais le président de l’université tient à rappeler que « ce ne sont pas des faux diplômes » : les élèves étant inscrits, les diplômes signés régulièrement par un jury, leur validité n’est pas à remettre en cause. Ils n’auraient juste pas dû être délivrés puisqu’aucune convention ne les autorisait. Pour combler cette lacune, dégradante pour l’image de Lyon 2, cours et bibliographies sont à disposition des élèves sur le site internet de la faculté, qui se sent aussi victime de cette affaire. 

Alain Girod répond

Dans la Tribune, le directeur de l’ICOM mis en cause a tenu à répondre aux accusations, expliquant que « ce dispositif a été mis en place à la demande d’I2M pour répondre à une demande importante des jeunes Guadeloupéens qui ne disposent pas sur place de formations supérieures publiques en communication. Ce dispositif pédagogique est le suivant : les jeunes Guadeloupéens remplissant les conditions d’accès en L3, Master 1 ou Master 2 sont autorisés à s’inscrire à Lyon en dispense d’assiduité, comme cela se fait habituellement pour un certain nombre d’étudiants étrangers ou éloignés. » Lui qui affirme s’être rendu plusieurs fois en Guadeloupe donner des cours et corriger des épreuves estime que « les diplômes attribués cette année-là sont tout à fait mérités et valides », ajoutant que « depuis quelques semaines, le président de l’université Lyon 2 remet en cause ce partenariat pourtant validé par le Conseil d’administration de l’institut de la communication et par le conseil des études et de la vie universitaire au motif qu’il n’a pas été soumis au CA de Lyon 2, ce qui relève de la responsabilité de l’ancien président de Lyon 2. »

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