Le baclofène, et si on en parlait vraiment ?

Pour ce nouvel épisode de « Et si on en parlait vraiment », Jean-François Hauteville a décidé de nous parler d’une molécule qui fait débat : le Baclofène, autorisée sur le marché depuis 40 ans comme relaxant musculaire est utilisée depuis une dizaine d’années comme traitement de la dépendance à l’alcool. L’agence du médicament est en train de l’analyser pour pouvoir la légaliser, dans un premier temps temporairement, dans les six mois à venir.

Je sais pertinemment que les propos à venir vont me valoir quelques inimitiés mais je souhaite amener quelques éléments de réalité autour de ce produit et du « traitement » médiatique dont il a fait l’objet.

La couverture du Nouvel Obs de mai 2012 : « On a trouvé un remède contre l’alcoolisme », fait partie de ces effets d’annonce racoleurs qui ne s’appuient sur aucune étude médicale digne de ce nom (elles sont seulement en cours…).  Décrire le baclofène comme un médicament  « miracle » pour traiter l’alcoolisme est au mieux une contre information. Avaler un comprimé suffirait pour supprimer les angoisses, la dépression, les envies de boire, retrouver un bien-être, etc… Permettez moi juste d’être sceptique. Si la chimie peut aider, c’est incontestable, elle ne peut suffire pour traiter une pathologie qui n’est pas que somatique ou psychique mais également une pathologie du lien, une pathologie du mal-être, une pathologie sociale

Légalisation du cannabis, avis addictologue

Jean-François Hauteville est infirmier en Centre Hospitalier à Lyon et a suivi de nombreuses formations dans l’addictologie, notamment en alcoologie, toxicomanie, jeux pathologiques et troubles compulsifs alimentaires.

Quels effets secondaires ?

Le Dr Ameisen a une conception particulière de la « normalité » quand il explique qu’avec le baclofène il a pu recommencer à boire « raisonnablement » et revenir « dans le monde des gens normaux » ! Olivier Ameisen, c’est ce médecin qui, depuis l’enfance est tenaillé par de profonds sentiments d’insécurité et d’inadéquation, anxiété qu’il soulage en sombrant dans l’alcool. Cardiologue d’exception, pianiste brillant, il n’est plus que l’ombre de lui-même, titubant d’une cuite à l’autre, alternant cures de désintoxication et réunions chez les Alcooliques Anonymes. Pourtant, il connaîtra une guérison miracle, affirmant n’avoir même plus envie de boire grâce au traitement par la baclofène.

Avant toute chose, il est important de se poser quelques questions : boire est-il indispensable ?  Un verre d’alcool de temps en temps ? Pourquoi faire ? Pour paraître socialement normal ? Mentalement normal ? Pour s’en convaincre… plus qu’aux autres ? Pour le goût…sans les effets ? C’est oublier aussi que les posologies recommandées par ce médecin sont jusqu’à 6 fois la posologie conseillée pour traiter les spasmes musculaires de la sclérose en plaque ! Et sans aucune étude pour en évaluer les conséquences !

Aurait-on déjà oublié le Médiator ?

La liste des effets secondaires à posologie adaptée « connus » serait déjà trop longue pour cet article ! Citons juste les troubles de la conscience pouvant aller jusqu’au coma, une hypotonie, (faiblesse) musculaire pouvant atteindre les muscles respiratoires…

En résumé oui, pourquoi pas le baclofène dans le traitement de l’alcoolodépendance… Mais ne surmédicalisons pas cette pathologie et attendons le résultat des études qui ont débuté depuis peu !

Jean-François Hauteville

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Comments
23 Responses to “Le baclofène, et si on en parlait vraiment ?”
  1. sylvie Imbert dit :

    Puisque vous tenez à amener quelques éléments de réalité autour du baclofène, je me permets de réagir …
    L’article du Nouvel Observateur ne s’appuie certes pas sur les deux essais en cours mais d’une part sur les publications scientifiques déjà parues, rappelons que l’essai Bacloville repose sur les travaux de Renaud de Beaurepaire et Philippe Jaury publiés à plusieurs reprises et sur un questionnaire envoyé à des médecins.
    Prendre du baclofène ne traite en effet ni l’angoisse, ni la dépression ni le mal être, il supprime simplement l’envie de boire. Le reste est à traiter par ailleurs.
    Boire n’est certes pas indispensable, mais il me semble que c’est à chacun de choisir ce qu’il désire. Le baclofène le permet, tant mieux.
    Enfin concernant les effets secondaires je vois que vous avez sélectionné ceux possibles en cas d’ingestion massive, les malades ne sont pas fous, ils veulent vivre !! Et puis le baclofène n’a jamais tué personne en prise orale contrairement au doliprane en vente libre
    Sylvie Imbert – Association BACLOFENE

  2. Yves BRASEY dit :

    Bonsoir,

    Pour répondre à votre question « boire est-il indispensable » ma réponse est « non ».
    Non seulement ce n’est pas indispensable, mais 20% de la population française n’aime pas.
    Comme certains n’aiment pas le lait, la viande, le fromage…

    Une citation, sans commentaire : :
    « En effet, au contraire des drogues dures classiques (l’héroïne surtout), l’alcool est un produit psycho-actif complexe dont l’usage convivial et récréatif est possible, largement répandu, inscrit dans le patrimoine culturel et social de la France.
    Source d’un plaisir gustatif, d’une euphorie légère harmonisant les liens sociaux, d’un certain art de vivre, il peut être consommé longtemps et toujours, à doses modérées, sans induire ni toxicité ni, bien sûr, de dépendance.
    Il est l’un des éléments majeurs de la convivialité et de la fête. »

    Déclaration de la Commission Sociale de l’Épiscopat à la conférence des évêques de France. http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/problemes-dalcool-eglise-et-societe-.html

    Et une d’Olivier Ameisen « l’abstinence est une torture » citation reprise sur le site de la Société Suisse de Médecine de l’Addiction et ce, depuis janvier 2011, date d’une conférence d’Olivier à Zurich. http://www.ssam.ch/SSAM/fr/node/319

    Cordialement,
    Yves BRASEY Vice-Président de l’Association Baclofène. http://www.baclofene.org

    • Philippe dit :

      Bonsoir,
      Quelles références !!!
      Sur quoi la commission sociale de l’Épiscopat se fonde-t-elle pour affirmer que « au contraire des drogues dures classiques …. etc. ». Il n’y a PAS de drogues dures ou douces, et l’alcool est une drogue !
      Je suis à la rigueur d’accord avec le début de cette citation, peu importe le produit psychotrope modifiant le comportement, mais à partir du moment où l’on n’est pas dépendant.
      Avez-vous déjà assisté à des réunions de groupes d’entraide ? Je ne pense pas car vous y auriez rencontré des tas de malades sous baclofène, qui souffrent toujours autant ou ont rechuté.
      Quant à la phrase du Dr Ameisen j’y répondrai par le rétablissement (à ne pas confondre avec l’abstinence seule) est retour à la vie et non une torture ….
      Bien à vous
      Philippe

      • Philippe dit :

        Je viens de lire la page décrivant l’ association sur votre site internet et suis au regret de vous informer que non on ne guérit pas de la dépendance, cette maladie se soigne et sa progression peut être arrêtée par l’abstinence.
        Et mes sources sont bien plus crédibles que la Commission Sociale de l’Épiscopat à la conférence des évêques de France !
        cf. DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), manuel publié par la Société américaine de psychiatrie (APA)
        La dépendance est considérée comme une maladie (réf OMS):
        mortelle: elle l’est pour la personne si elle ne se soigne pas et pour l’entourage au sens large (accidents domestiques, de la route, etc.). Le traitement s’effectue à différents niveaux simultanément.
        chronique: elle reste latente, inscrite au niveau physique et psychologique. Elle doit se soigner en tenant compte de sa chronicité. Elle peut se stabiliser, mais les patients restent vulnérables aux substances psychotropes et une reprise de la consommation des produits psychotropes entraînera une rechute;
        progressive: elle empire si elle ne se soigne pas;
        primaire: la dépendance doit être soignée comme une maladie et non comme le symptôme d’une autre problématique
        Philippe
        PS: membre d’une association je me dois de respecter l’une de nos traditions  » nous devons toujours garder l’anonymat personnel au niveau des médias » et internet en fait partie

  3. Philippe dit :

    Dernières précisions:
    – je suis abstient ET en rétablissement depuis le 29 juin 2002,
    – je suis une formation pour devenir addictologue,
    bref une double compétence … pratique et théorique !
    Philippe

    • Sylvie Imbert dit :

      Je m’inscris en faux contre votre affirmation concernant les groupes de parole. Les malades sous baclofène ne parlent pas de leur traitement dans ce type de réunion de peur de se faire pour le moins décourager. Le mot baclofène est tabou là bas et vous le savez fort bien. Cette affirmation de souffrance ou rechute chez ceux qui prennent du baclofène n’est rien d’autre que de la propagande anti baclo de base.
      De toute façon, à cause de ce genre d’attitude, les malades ne fréquentent plus ce type de réunion, ce qui est en grande partie dommage car parler est une aide supplémentaire.

      Oui la dépendance est une maladie potentiellement mortelle qu’il convient de soigner.
      L’abstinence ne la soigne pas, c’est au mieux un contournement mais à quel prix ? Et avec quelle réussite ?

      Il se trouve qu’Olivier Ameisen en cherchant dans la littérature scientifique a trouvé que le baclofène supprimait l’envie de boire chez les rats rendus dépendants, il a tenté et constaté que ce qui marchait chez les rats marchait pour lui.
      Depuis des milliers d’autres malades ont constaté la même chose …
      Je prends du baclofène depuis 2009 et ne suis plus dépendante. Je regarde les cannettes de bière présentes dans mon frigo de la même façon que celles de soda et choisis mes boisson en fonction de leur gout et non plus en fonction de la quantité d’alcool contenue

      Que vous ayez souffert et lutté pour vous en sortir ne justifie pas à mes yeux de dénigrer un médicament que vous ne connaissez pas

      • Philippe dit :

        Chère Sylvie,
        Je suis pharmacien de formation et en train de me spécialiser en addictologie bref le baclofène je connais ! Ce qui n’est pas votre cas concernant la maladie de la dépendance: vous comme moi resterons dépendants jusqu’à notre mort !
        Mon propos n’était pas de dénigrer le baclofène mais de souligner les erreurs concernant cette maladie dans votre commentaire et surtout celui de Mr Brasey.
        Permettez-moi de vous dire aussi que l’abstinence est le seul traitement ayant démontré son efficacité mais que, comme pour tout traitement, la réussite n’est malheureusement pas de 100% …
        Les groupes d’entraide sont un complément et non une alternative et là encore c’est un sujet que vous connaissez très mal ! Celui auquel j’appartiens (il ne s’agit pas des AA) n’a pas d’avis sur les traitements (substitution ou médicaments) et ne stigmatise certainement pas ceux d’entre nous qui prennent du baclofène, ce serait un comble et totalement contraire à nos principes et traditions.
        Enfin je ne vois absolument pas pourquoi, ni dans quel intérêt une association ferait de la « propagande anti baclo » ! A chacun de trouver ses solutions pour demeurer abstinent, si ce médicament en fait partie pourquoi pas. Tout en signalant toutefois que, comme vous le savez, il a essentiellement une action anti craving et que les effets secondaires à moyen/long terme ne sont, à ce jour, pas connus.
        Bien à vous,
        Philippe

  4. Sylvie Imbert dit :

    Vous n’avez donc rien compris.
    L’abstinence n’est plus ni une solution ni une obligation et si vous demeurez dépendant, je ne le suis plus.
    Je peux boire un verre à l’occasion et ne replonge pas pour autant dans l’alcool.
    Le baclofène qu’en connaissez vous pour dire ce que vous en dites ?
    Les effets secondaires sont connus à long terme car les malades atteints de spasticité le prennent au long court depuis 40 ans.
    Tout au plus ceux à hautes doses ne l’étaient pas avant 2009, c’est chose faite depuis que des alcoolo-dépendants prennent du baclofène.
    Quant au fait qu’une association fasse de la propagande anti baclo, quoi de plus logique quand il s’agit d’assurer sa survie.
    L’abstinence est mise à mal par ce médicament et cela dérange, on le savait, vos propos le confirme.

    • Philippe dit :

      Votre première phrase est outrancière et fort déplaisante compte tenu de mon parcours (de malade et futur addictologue) !
      Relisez donc la littérature médicale et vous constaterez qu’un malade demeure dépendant même s’il ne consomme plus !
      D’autre part je n’ai pas écrit que l’abstinence était LA solution ou une obligation, je vous invite donc à me relire plus attentivement …
      Concernant les effets à long terme vous mélangez deux situations fort différentes puisque les posologies des deux indications sont très différentes et qu’il n’y pas 40 ans d’études longitudinales pour le baclofène utilisé dans le traitement de l’alcoolo-dépendance!
      Enfin vous faites preuve d’intolérance et de peu d’ouverture d’esprit concernant les associations (je mettrai cela sur votre méconnaissance de leur fonctionnement); leur but est d’aider les malades, non d’assurer une quelconque survie (dans quel intérêt ?) … leurs membres sont des dépendants comme vous et moi.
      Je ne suis pas personnellement pas un ayatollah du dogme de l’abstinence et donc pas dérangé par l’utilisation d’un médicament.
      Je pense que vos propos (propagande anti baclo) visent essentiellement les AA ou en tous les cas certains de ses membres. Sachez que dans ce cas ils dérogent à leur 10ème tradition.
      PS: je suis membre des NA mais vais également régulièrement à des réunions AA

      • Philippe dit :

        Je ne sais pas où vous habitez chère Sylvie mais suis tout disposé à vous rencontrer pour en discuter de vive voix, ce qui est bien plus intéressant et convivial que des échanges de mails ping pong !

      • Sylvie Imbert dit :

        Je n’ai pas à lire la littérature pour savoir que je ne suis plus dépendante. Je le constate au quotidien. La science évolue avec parfois beaucoup de retard et dans 10 ans ce fait sera acquis, le baclofène supprime bel et bien la dépendance. Et je re précise : je consomme à l’occasion.

        Quant à vos propos, j’ai relu, vous avez écrit : « Permettez-moi de vous dire aussi que l’abstinence est le seul traitement ayant démontré son efficacité », je me permets donc de répéter : vous n’avez pas tout compris, votre parcours et futur diplôme n’y change rien.

        Concernant les effets secondaires et les posologies les situations ne sont pas si différentes que cela. Car après avoir atteint une dose seuil qui peut être assez élevée, les malades alcoolo-dépendants redescendent en général à des doses comparables aux dose prises au long court par les malades atteints de spasticité.

        Enfin, effectivement je connais peu les associations n’en ayant jamais fréquenté aucune. Je n’en ai ni le temps, ni l’envie, ni le besoin. J’entends ce que mes compagnons en disent, bien sur le but est d’aider les malades mais au-delà de cela pourquoi rejeter ceux qui refusent le joug de l’abstinence ?

  5. Philippe dit :

    Chère Sylvie,

    Quel manque de tolérance, d’ouverture d’esprit et de curiosité !

    Ce n’est pas parce que pour vous le baclofène est efficace (et tant mieux) et que vous consommez à l’occasion, ou plus du tout comme moi, que vous n’êtes plus dépendante, que cela vous plaise ou non. Dans la mesure où des médecins font partie de votre association posez leur la question puisque vous ne me croyez pas et ne voulez pas lire d’ articles médicaux. Si leur réponse est identique à la vôtre et bien ils n’y connaissent rien et/ou vous mentent.Suivant une formation supérieure en addictilogie je peux vous faire parvenir une imposante bibliographie confirmant mon propos.

    Je ne considère pas avoir tout compris, simplement rester factuel sur des informations médicales.

    A propos des effets secondaires j’ai uniquement précisé qu’aucune étude longitudinale sur une durée significative dans le traitement de l’alcoolo-dépendance avait été publiée, et il n’est pas correct de comparer avec celles réalisées dans l’indication de sclérose en plaque.

    Vous avouez vous-même ne pas connaître les associations, je peux donc vous affirmer que celle dont je suis membre (Narcotiques Anonymes) ne rejette absolument pas celles et ceux qui prennent du baclofène, du Subutex ou tout autre traitement dans la mesure où celui-ci est prescrit par un médecin et utilisé selon la posologie. Ce qui est également la position des AA, pour les autres je ne me prononcerai pas puisque je ne les connais pas suffisamment.

    Enfin si le baclofène permet d’éviter le craving, il faut aussi s’occuper de la dimension mentale de cette maladie. Une association fait partie des solutions au même titre qu’un psy, un addictologue, un thérapeute … etc. Et encore une fois un groupe d’entraide est un complément pas une alternative. Idem pour le baclofène, utilisé seul ce n’est pas LA solution miracle !

    Je ne commenterai pas tout ce que vous avez pu écrire sur l’abstinence dans la mesure où votre position et vos propos sont bien plus radicaux que les miens … je ne suis pas un fanatique du dogme de l’abstinence, à chacun de trouver la bonne solution pour lui-même.

    Bien à vous,

    Philippe

    • Sylvie Imbert dit :

      Donc si un médecin confirme il n’y connaît rien ou ment ! Et c’est moi qui fais preuve de manque d’ouverture d’esprit ? A l’évidence que je ne sois plus dépendante vous dérange.

      Quant à la dimension mentale, parfois elle existe et parfois non.
      Certains souffrent d’anxiété, de dépression, etc, il faut le traiter bien sur et d’autres sont simplement dépendants. Le baclofène les délivre de cette dépendance.
      Annie Rapp médecin et psychothérapeute complémente ses prescriptions de baclofène par des thérapies dans la moitié des cas. L’autre moitié de ses patients n’en a pas besoin.

      Nous sommes d’accord le baclofène n’est pas un traitement miracle, simplement un médicament terriblement efficace.
      D’ailleurs c’est ce que disent désormais ses ex détracteurs

      • Philippe dit :

        Cela ne me dérange aucunement, c’est un fait MEDICAL point barre pas un manque d’ouverture d’esprit, et un médecin qui dirait le contraire ment ou n’a jamais ouvert un traité d’addictologie (par exemple celui du Pr Michel Reynaud qui fait référence dans le domaine) je persiste et signe !

        Dans la classification CIM-10 de l’OMS l’alcoolodépendance = « troubles mentaux et troubles du comportement liés à l’utilisation d’alcool ». donc ce n’est pas comme vous l’affirmez « parfois elle existe, parfois non » ou alors l’OMS a tout faux depuis 1975: « Etat psychique et quelquefois également physique résultant de l’interaction entre un
        organisme vivant et une drogue, se caractérisant par des modifications du comportement et par d’autres réactions, qui comprennent toujours une pulsion à prendre la drogue de façon continue ou périodique de façon à retrouver ses effets psychiques et quelquefois d’éviter le malaise de sa privation. »

        Un extrait du site de la clinique de la Métairie dont un service est spécialisé dans les addictions depuis 1986
        « La dépendance est considérée comme une maladie (réf OMS):
        mortelle: elle l’est pour la personne si elle ne se soigne pas et pour l’entourage au sens large (accidents domestiques, de la route, etc.). Le traitement s’effectue à différents niveaux simultanément.
        chronique: elle reste latente, inscrite au niveau physique et psychologique. Elle doit se soigner en tenant compte de sa chronicité. Elle peut se stabiliser, mais les patients restent vulnérables aux substances psychotropes et une reprise de la consommation des produits psychotropes entraînera une rechute;
        progressive: elle empire si elle ne se soigne pas;
        primaire: la dépendance doit être soignée comme une maladie et non comme le symptôme d’une autre problématique »

        Si vous lisez attentivement le blog d’Annie Rapp vous constaterez qu’elle écrit personnes « guéries », les guillemets sont significatifs: la dépendance se soigne, sa progression peut être interrompue mais on n’en guérit pas …

        Si vous fréquentiez les associations vous y auriez rencontrés des dépendants qui avaient 10, 15, 20, 25 ans d’abstinence et qui ont rechuté … quelle est votre explication dans ce cas ? Je vous avoue qu’au début de mon rétablissement j’avais beaucoup de mal à croire que cela était possible et puis j’ai parlé avec certains d’entre eux, et ceci est du factuel.

        Enfin pour les polydépendants, la majorité des membres de NA (l’alcool était/est de ltrès loin le produit le plus consommé, ne vous fiez au terme Narcotiques), le baclofène n’aura qu’une efficacité limitée.

        Bien à vous,

        Philippe

  6. sylvie Imbert dit :

    Extrait de vos textes :
    « qui comprennent toujours une pulsion à prendre la drogue de façon continue ou périodique de façon à retrouver ses effets psychiques et quelquefois d’éviter le malaise de sa privation »
    « une reprise de la consommation des produits psychotropes entraînera une rechute; »
    Je n’ai plus aucune pulsion pour l’alcool et une prise d’alcool n’entraine pas de rechute, je ne suis donc plus dépendante.

    Je répète, les certitudes d’un jour sont là pour être remise en cause plus tard et les traités d’addictologie évolueront au fil du temps. Il ne m’étonnerait pas que Michel Reynaud réécrive le sien assez rapidement, écoutez donc son interview du 23 janvier sur Europe1 : http://www.baclofene.org/baclofene/baclofene-un-an-apres-europe1-23012013

    Concernant les rechutes de personnes abstinentes, c’est très simple à expliquer, elles sont toujours dépendantes …

    Enfin, cela reste à quantifier car il y a encore peu d’expérience mais le baclofène marche pour d’autres dépendances. N’oubliez pas qu’Olivier Ameisen a commencé ses recherches en constatant l’efficacité du baclofène sur un cocainomane.

    • Philippe dit :

      C’est un dialogue de sourds et il est, de toutes les façons, toujours compliqué d’avoir une discussion objective et sereine avec des extrémistes …

      Par exemple vous détournez la définition de l’OMS qui parle de la dépendance ACTIVE (c’est-à-dire quand le malade consomme de manière compulsive) ! Ou vous omettez de citer la phrase ci-après « chronique: elle reste latente, inscrite au niveau physique et psychologique. Elle doit se soigner en tenant compte de sa chronicité. Elle peut se stabiliser, mais les patients restent vulnérables … »

      Vous corroborez ce que je tente de vous dire depuis le début dans votre phrase « Concernant les rechutes de personnes abstinentes, c’est très simple à expliquer, elles sont toujours dépendantes … » nous restons tous dépendants ce n’est pas pour autant que nous rechutons quelle que soit la solution utilisée (baclofène, abstinence … etc.). Bref il n’y a pas de hiérarchie entre les « bons » dépendants qui ne rechutent pas et les « mauvais » ! Et je fais la différence entre rechute et reconsommation.

      J’ai bien écouté l’interview du Pr Reynaud et il dit clairement que le baclofène »n’est pas un médicament miracle ». De plus je n’ai pas entendu ou lu que le baclofène remmetait en cause la définition et la nosologie de la maladie de la dépendance, c’est un médicament efficace dans certains cas et c’est tout ce que l’on lui demande non ?

      Concernant la cocaine je ne rentrerai pas dans un débat trop technique sur les neuromédiateurs, récepteurs de ceux-ci et zones du cerveau rentrant en jeu dans le mode d’action de ce produit versus alccol ou autres drogues, mais j’ai largement les compétences pour le faire !

      Enfin je crois que toute cette discussion est partie sur un malentendu: je ne suis pas, loin s’en faut, un détracteur du baclofène (plusieurs amis, membres de NA ou pas, en prennent associé à une psychothérapie, la participitation à des groupes d’entraide …etc.), je voulais simplement remettre les « pendules à l’heure » à propos de la maladie de la dépendance. Vous aurez également remarqué qu’à aucun moment je n’ai repris les arguments des détracteurs du baclofène (Dr Batel ou autres) !

      Bien à vous,

      Philippe

      • sylvie Imbert dit :

        « chronique: elle reste latente, inscrite au niveau physique et psychologique. Elle doit se soigner en tenant compte de sa chronicité. Elle peut se stabiliser, mais les patients restent vulnérables … »
        Ca c’est ce que dit l’OMS avec les données actuelles qui ne concernent pas les personnes soignées par le baclofène. Il en sera autrement d’ici quelques années.

        Il n’y a de mon point de vue aucune échelle de valeur entre les malades. Pour moi ceux qui utilisent le baclofène ont la chance de voir leur dépendance disparaitre, au moins tant qu’ils sont sous traitement, pas les autres et c’est regrettable pour eux.

        Je pense simplement que vous ne pouvez pas comprendre parce que vous n’avez pas pris de baclofène. La théorie ne remplace pas le vécu …

  7. Philippe dit :

    Je suis d’accord avec vous sur un point évident : ce que dit l’OMS ainsi que toutes les autres instances médicales travaillant sur l’addiction (finalement ce terme est préférable à celui de dépendance soi dit en passant) repose sur l’état actuel de la science ! Donc nous verrons bien mais n’étant pas devin je ne peux pas être aussi affirmatif que vous …

    Pardonnez-moi de vous dire cela mais compte tenu de mon vécu de dizaine d’années de consommation (et donc de souffrance) et d’un peu plus de 10 ans de rétablissement, je trouve votre remarque déplacée voire insultante !

    L’une des forces des groupes d’entraide est l »identification parce que si nous sommes tous différents nous avons tous la même maladie et peu importe, encore une fois, les solutions que chacun trouve pour sortir de cet enfer.

    Effectivement je n’ai pas pris de baclofène et pour cause son usage contre l’alcoolodépendance n »était pas connu à mon « époque » ! Et selon vous cela m’interdirait donc d’en parler ? (je n’ai fait que des commentaires et pas émis d’avis). Dans ce cas et si je vous suis bien il ne faudrait donc pas non plus écouter les médecins qui ne savent pas ce qu’être dépendant signifie … sauf s’ils le sont eux-mêmes !

    Sachez enfin que si jamais j’en avais besoin je n’hésiterai pas une seconde à utiliser ce médicament afin de ne pas retourner à la guerre ….

    • sylvie Imbert dit :

      Je n’ai absolument pas voulu vous blesser et quand je dis que vous ne pouvez pas comprendre, il s’agit simplement de ne pas comprendre la fin de l’addiction …
      De la même façon que les médecins ont du mal à comprendre la dépendance.
      Ceci n’empêchant personne de discuter sur le sujet.

    • Philippe dit :

      « Pour moi ceux qui utilisent le baclofène ont la chance de voir leur dépendance disparaitre, au moins tant qu’ils sont sous traitement, pas les autres et c’est regrettable pour eux. »

      Non leur dépendance ne disparaît pas, elles sont en rémission et non pas guéries ! D’autre part si vous veniez dans les groupes d’entraide vous y rencontreriez des malades qui ont rechuté bien que prenant conscieusement leur traitement ! Je sais ce qe vous allez me répondre: ils n’ont pas le bon dosage …

      Pour terminer si vous ne voulez pas admettre que vous êtes toujours dépendante et donc en contradiction avec TOUS les experts en addictologie, c’est votre affaire ..

      La première étape du programme Minnesota consiste à reconnaître et accepter notre maladie, vous ne l’avez visiblement pas franchi !

  8. sylvie Imbert dit :

    Hier au hasard de mes recherches, j’ai redécouvert un document que je vous invite à écouter.
    Il s’agit d’une interview de M. Reynaud, il y dit texto « quand ça marche, ça guérit de l’addiction »
    http://www.franceinfo.fr/sciences-sante/lancement-d-une-etude-clinique-sur-le-baclofene-le-medicament-contre-l-alcoo-801701-2012-11-14 (Une étude clinique sur le Baclofène : les précisions du Pr Michel Reynaud )

    • Philippe dit :

      Vous répondez comme un politicard en tronquant délibérément la phrase prononcée par le Pr Reynaud et en oubliant de citer d’autres éléments de son interview qui ne vont pas dans votre sens ! Personnellement je n’ai pas de dogmes et me fie uniquement à l’état actuel de la science et de la médecine avec un esprit ouvert, ce qui n’est pas votre cas d’où un dialogue impossible que je préfère briser là …
      En tous les cas je vous souhaite de vous rétablir au mieux et de manière pérenne.

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