Les lumières bleues, et si on en parlait vraiment ?

Aujourd’hui, Jean-François Hauteville traite un nouveau thème : les lumières bleues utilisées dans les gares pour lutter contre la présence des toxicomanes. Premier épisode de cette nouvelle série pour mieux comprendre le sujet.

L’utilisation d’une lumière bleue est mise en place pour faire fuir les toxicomanes dans la gare Saint Marthe dans le 14ème arrondissement de Marseille. Ce procédé est  déjà utilisé dans certaines discothèques avec l’idée de rendre moins visibles les veines des toxicomanes, (même couleur que la lumière…), et les gêner, voir les empêcher de s’injecter leur produit.

Légalisation du cannabis, avis addictologue

Jean-François Hauteville est infirmier en Centre Hospitalier à Lyon et a suivi de nombreuses formations dans l’addictologie, notamment en alcoologie, toxicomanie, jeux pathologiques et troubles compulsifs alimentaires.

Qu’en penser ?

Tout d’abord, les responsables de la SNCF ont bien conscience de seulement déplacer le problème. Ils ont été amenés à intervenir suite à diverses plaintes de riverains et d’utilisateurs du réseau trouvant dans les abris des seringues et du matériel souillés. Les Associations d’aide aux toxicomanes estiment, par la voie de Serge Longere, directeur du Bus Méthadone, que ce procédé est « complètement contre productif » et évoque « l’intérêt de travailler en collaboration en pouvant intervenir sur les lieux mêmes, et essayer d’en trouver de plus adaptés… »

Une association au contact des toxicomanes

Arrêtons-nous un instant sur cette Association et ses modalités d’action auprès des toxicomanes. Ce bus fait partie d’un outil de soins proposé par et dans le cadre d’un CAARUD, (Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour les Usagers de Drogue). Créés en France en 2004, ces Centres ont plusieurs missions :

  • accueillir les toxicomanes et faciliter leur accès aux soins,
  • être un soutien pour l’aide à l’obtention de différents droits, (sociaux, logements, professionnels…),
  • mettre à leur disposition du matériel de prévention des infections : trousses d’injection, boîtes de récupération du matériel usager, préservatifs…

Ce sont des lieux d’intervention avec des équipes mobiles se déplaçant dans les rues au plus près des patients toxicomanes. Je reviendrai dans un prochain épisode sur l’organisation de l’addictologie en France avec les différentes structures existantes permettant une meilleure compréhension des soins proposés, de leurs limites, de l’aspect prévention et réduction des risques…

Pour en revenir à cette lumière bleue, elle ne résout évidemment rien et ne fait effectivement que déplacer le problème. Les toxicomanes s’injecteront de toute façon leurs produits où que ce soit et dans n’importe quelle situation d’hygiène et d’inconfort. (Toilettes publiques, caves, halls d’immeubles…). Leur dépendance est telle que la prise du toxique prévaut sur tout et le produit leur est autant indispensable qu’il nous est à nous de respirer. Peut-être, cette polémique servira-t-elle d’argument à l’ouverture de salles de shoot

Votre opinion ?

Jean-François Hauteville

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