Un salarié sur six veut travailler plus

Comme chaque année, l’Insee publie « le portrait social de la France », dans lequel il passe en revue le mode de vie des Français, leurs revenus, leurs attentes… L’organisme statistique vient de livrer son édition 2012, qui réserve bien des surprises.

 

S’il y a un cadeau que le Père Noël pourrait intégrer à sa hotte, c’est bien du travail. Avec la hausse du chômage – pour le 18e mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi a progressé de +1,5%, soit 45.400 personnes de plus, pour s’établir à 3,1 millions ; sur un an, la hausse est de +10,6% – 16 % des salariés déclarent vouloir travailler plus. Soit 3,3 millions de personnes, essentiellement des jeunes, des ouvriers et des employés à temps partiel (pour 30%), souvent caissiers, vendeurs ou agents d’entretien. Un an plus tard, un quart des temps partiels a eu gain de cause, notamment en passant à temps plein. Quant aux temps pleins, seul un sur dix est parvenu à augmenter son temps de travail. Selon l’Insee, « lorsqu’elle a lieu, la hausse du temps de travail s’avère souvent inférieure aux attentes». Résultat, plus d’un salarié sur deux qui souhaitait travailler plus est toujours insatisfait un an après.

Les inégalités se creusent

L’INSEE souligne le creusement des inégalités de patrimoine (immobilier, biens financiers…) au profit des propriétaires fonciers, lesquels ont bénéficié de l’explosion des prix de l’immobilier. En 1998 et 2010, la masse du patrimoine immobilier a crû de 156 %.

Aujourd’hui, le salaire moyen dépasse les 19.500 euros par an mais affiche une moindre progression depuis 2007 à cause de la crise. Seulement 10% des Français gagne plus de 39.270 euros annuels (3 272,50 €/mois) quand les 10% les moins fortunés vivent avec moins de 10 430 euros annuels (869 €/mois). En 2009, les 10% de ménages les mieux dotés possédaient en moyenne 35 fois plus de patrimoine que les 50% de ménages les moins bien dotés, contre 30 fois plus en 1997. Cet écart s’explique par l’envolée des prix de l’immobilier qui ont avantagé les propriétaires. Et c’est entre 60 et 69 ans que les ménages sont les plus riches, avec un patrimoine moyen de 358 900 euros. Au-delà, le patrimoine se réduit, notamment sous l’effet des donations aux générations suivantes ; l’épargne est alors utilisée pour compenser la perte de revenus. Quant aux plus jeunes, ils ont plus de mal à mettre de l’argent de côté : à moins de 30 ans, le patrimoine moyen n’excède pas 54.000 euros. Si niveau de vie et patrimoine sont corrélés pour la moitié des Français, l’Insee note pourtant des disparités liées à la trajectoire professionnelle, à l’âge ou aux héritages. Un an au chômage représente une baisse de 4 % de patrimoine et un arrêt maladie supérieur à un an, une chute de 20 %. Ainsi 30 % des ménages gagnant le mieux leur vie (des jeunes cadres en début de carrière) disposent d’un patrimoine très inférieur à leur niveau de vie. À l’inverse, près de la moitié des ménages gagnant le moins (des agriculteurs, pour la plupart) ont un patrimoine bien plus élevé. Preuve qu’en dépit des amortisseurs sociaux dont dispose la France, la perte d’emploi a des incidences directes sur le niveau de vie.

Contrairement à une idée largement répandue sur le marché du travail, en moyenne, les salariés du public gagnent plus que ceux du privé. Dans la fonction publique, le salaire moyen s’élève à 21.210 euros, contre 19.075 euros dans le privé. Et c’est encore la fonction publique d’Etat qui rémunère le mieux. Les ouvriers passent, en moyenne, 6% de temps en plus à travailler que les employés. Travailler plus longtemps leur permet du coup de mieux gagner leur vie : 14.380 euros contre 13 240 euros pour les employés. Pour les femmes, il est plus intéressant de travailler dans le public car elles ne gagnent « que » 13% de moins par rapport aux hommes, contre 20% dans le privé. Et pour la première fois depuis 25 ans, le taux d’activité des femmes n’a pas augmenté. Chez les femmes de 25 à 49 ans, qui représentent deux actives sur trois, le taux d’activité a même légèrement baissé en 2011, de -0,3 point.

On dort moins qu’il y a 25 ans

18 % des Français dorment moins de 6 heures par nuit. (BIM)

Autre constat, plus original, révélé par ce dossier : 10% des Français ne dorment pas à une heure du matin, souvent pour se divertir, quand une personne sur deux est couchée à 23h. C’est finalement à 3h du matin que 96% des personnes de plus de 11 ans dorment. Résultat, 90% des Français sont encore couchés à 6h15. En moyenne, les Français dorment donc 7 heures et 47 minutes par jour, soit 18 minutes de moins qu’il y a 25 ans, entre 22h et 8h, pour les 15 ans et plus. Une baisse qui chute même jusqu’à 50 minutes pour les adolescents. Mais que font les Français au lieu de dormir ? Ils regardent la télé. Le temps passé devant le poste dans cette tranche horaire est passé de 21 minutes en 1986 à 36 minutes en 2010. L’INSEE note également que les adolescents consacrent une demi-heure par nuit à leur ordinateur, passe-temps « quasi inexistant en 1986 » devenu « un loisir la nuit pour les jeunes de 15 à 18 ans aussi répandu que la télévision ».

L’enquête montre aussi que les personnes qui travaillent de nuit dorment en moyenne une heure quarante de moins que les autres et que leurs plages de sommeil sont plus hachées. Enfin, 2% des nuits sont blanches, et pas seulement pour les travailleurs de nuit. A 3h du matin, 40% des personnes encore debout travaillent, quand les autres le sont pour se divertir.  Pas étonnant, dès lors, qu’un tiers des Français se plaigne de troubles du sommeil, dont 15 à 20% d’insomnie chronique, avec des symptômes qui durent depuis plus d’un mois associés à une fatigue ou à une somnolence diurne excessive. Or, un sommeil de moins de six heures par nuit conduit à une augmentation du risque d’obésité, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires ou d’accidents.  A 15 ans, près d’un adolescent sur quatre dort moins de 7 heures par jour, alors qu’il lui en faudrait 8 à 9h pour favoriser la croissance, l’apprentissage et l’équilibre physique et psychique, selon les pédiatres. Résultat : bon nombre de Français souffrent d’insomnie, qui peut se manifester de différentes manières : difficulté d’endormissement, réveils fréquents et sommeil globalement non réparateur.

Après une nuit de sommeil, un tiers des Français se sent fatigué.

Advertisements
Comments
One Response to “Un salarié sur six veut travailler plus”
Trackbacks
Check out what others are saying...
  1. […] dans la hausse du chômage, due principalement aux fins de CDD, à la chute de l’intérim et au sous-emploi des jeunes de moins de 25 ans (plus d’un sur quatre est inscrit à Pôle […]



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :