A Vénissieux, la Maire demande une vraie politique de gauche

Alors que Vénissieux a rarement autant fait parler d’elle dans les journaux, suite à l’interpellation de sept policiers dont 4 Vénissians, la Maire de la Ville, Michèle Picard, a fait sa conférence de rentrée avec une idée en tête : demander plus de moyens.

 

« On offre davantage de champs de compétence aux collectivités territoriales, pourquoi pas. Mais avec quels moyens ? » Le refrain de Michèle Picard, la Maire PC de Vénissieux est bien rodé. Rentrée oblige, elle a réunit la presse jeudi 13 septembre pour évoquer les grands sujets que sont l’emploi, l’éducation ou encore le logement. Des thématiques symboles non pas d’une crise mais « des crises qui se superposent […] marquées par l’héritage de la politique de Nicolas Sarkozy, dont les effets se prolongent, et une politique de gauche qui tarde à se mettre en place ».

53 % de logements sociaux à Vénissieux

Un discours qui n’a rien d’étonnant quand on sait que Vénissieux serait la ville la plus pauvre de Rhône-Alpes, d’après un classement sorti en août par l’Observatoire des Inégalités. Le taux de pauvreté correspond au pourcentage de ménages qui perçoivent moins de 60 % du revenu médian national après prestations et avant impôts, soit 954 euros. Le classement oscille de 7 % de taux de pauvreté à Neuilly-sur-Seine à 46 % à Roubaix. Avec ses 32% de taux de pauvreté (soit près d’un tiers de Vénissians touchant moins de 954 euros) et un revenu médian des ménages pauvres de 732 euros, Vénissieux apparaît donc comme la ville la plus défavorisée de la région. Michèle Picard demande donc d’« agir vite et agir fort », appelant à une gauche de combatet pas de gestion pour lutter contre une misère sociale en pleine progression chez les jeunes, les retraités et les familles monoparentales.

Au pied des grandes tours de la Darnaise, “Les Renouées”, 37 maisons de ville, illustrent l’évolution du logement social. Elles viennent également parachever la mutation du quartier, engagée au début des années 2000.

Rappelant le cas de Véninov à propos d’une politique de désindustrialisation, Michèle Picard souhaite combattre « les fractures sociales qu’on laisse se créer» avec notamment la création de logements sociaux, chère à François Hollande. Lors de sa campagne, le Président avait en effet annoncé la construction des 150 000 logements sociaux supplémentaires par an, ajoutant que la loi SRU obligerait désormais les communes à posséder non plus 20 % mais 25 % de logements sociaux sur son territoire. Un défi majeur que, selon la maire Vénissiane, « 22 communes du Grand Lyon ne respectent pas ». Même si la construction du foyer de logements sociaux prévus dans le centre ville doit être réexaminé en Conseil Municipal suite à un désaccord des riverains sur le lieu d’implantation, Vénissieux et sa circonscription font office de bons élèves sur la question puisque Vénissieux possède 53% de logements sociaux, 55 % à Saint-Fons, 34 % à Saint-Priest et 29 % à Feyzin.

Quatre policiers Vénissians interpellés

Évoquant tour à tour l’encadrement des loyers, la loi sur le harcèlement ou l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, la Maire au franc parler a beaucoup parlé de politique générale et estime que « l’empreinte de la droite domine cette rentrée puisque malgré la création de 1 000 postes supplémentaires annoncée par Vincent Peillon, on passe au global de -14 000 à -13 000 postes». Faisant écho aux émeutes d’Amiens et au grand banditisme à Marseille, elle est également revenu sur le non-classement de sa ville en zone de sécurité prioritaire. Le préfet de Région, Jean-François Carenco a en effet annoncé que « en février 2013, il y aura d’autres choix de zones de sécurité prioritaires, dont deux villes de la région et trois communes de l’agglomération lyonnaise ». D’abord évoquée avec Grenoble, Valence, Bron et Vaulx-en-Velin, Vénissieux ne devrait finalement pas rejoindre la Duchère, premier quartier de la région à bénéficier du nouveau label. « C’est une reconnaissance du travail accompli avec l’aide de dispositifs déjà en place. Pour preuve, les chiffres de la délinquance baissent et les incendies de véhicules ont ainsi chuté de 20% sur deux ans» estime Michèle Picard.

Moins d’un an après l’affaire Neyret, la police lyonnaise est encore éclaboussée d’un scandale de corruption : sept policiers et deux membres d’une famille de trafiquants de Vénissieux soupçonnés de les corrompre et deux autres personnes ont été placées en garde à vue.

Alors qu’elle rappelle le besoin croissant de forces de police d’investigation pour démanteler les réseaux de drogue, la presse l’a inévitablement interrogée sur l’arrestation de quatre policiers vénissians, sur sept confrères interpellés. Pour rappel, treize personnes, dont sept policiers, ont été interpellées le 11 septembre dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de corruption et trafic d’influence. Leur garde-à-vue a d’ailleurs été prolongée ce jeudi et les suspects pourraient être déférés devant le parquet dans la journée pour y être mis en examen. Selon le procureur de la République, Marc Ciamamonti, « on leur reproche des demandes de service, des services accomplis, des avantages consentis en échange de services ». Ils risquent jusqu’à 10 ans de prison. Limitée par l’instruction en cours, la Maire s’est tout de même laissée aller de son commentaire, estimant que « s’il n’y avait justement pas ces trafics, il n’y aurait pas ce genre d’affaires » et rappelant que sur les 140 agents, seuls 4 sont concernés et qu’il ne faut pas « tirer à boulets rouges ».

« Je n’en veux à personne »

Michèle Picard a également tenu, d’elle-même, à revenir sur sa défaite aux législatives. Arrivée en quatrième position au premier tour, l’héritière du député sortant, André Gerin, n’est pas parvenue à battre le candidat PS Yves Blein (37,03%), la FN Sandrine Ligout (21,6%) et l’UMP. Il n’y a ainsi plus de député communiste en Rhône-Alpes, même si, chez elle, Michèle Picard est arrivée deuxième derrière le socialiste avec 22,51% des voix. Une défaite « prévisible » pour celle qui assure « être une bonne Maire ». En cause : le niveau parfois très haut d’abstention dans la circonscription et la vague rose post-présidentielles, fruit du changement de calendrier voulu par Jospin, instituant les législatives après les présidentielles (lire « Elections législatives, mode d’emploi« , pour en savoir plus).

Mais pour la première élimination depuis 1993 du député de Vénissieux, Michèle Picard pointe également le redécoupage de la circonscription, apportant 17 000 électeurs de Saint-Priest supplémentaires, pas connus pour être particulièrement communistes. « 17 000, c’est l’équivalent des électeurs de Corbas, Saint-Fons et Feyzin » plaide la Maire, qui refuse d’admettre d’éventuelles couacs d’André Gérin et, pis encore, de possibles fautes comme élue. Non, elle n’a pas fait d’erreurs, « je ne vais pas m’auto-flageller » réplique celle qui, entre rage et hargne, estime avoir beaucoup appris des législatives et n’en vouloir à personne. Soit.

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