Une charte éthique contre les pratiques déloyales des distributeurs

En Rhône-Alpes, 22 entreprises de mobilier ont décidé de signer une charte éthique pour lutter contre les pratiques déloyales de certains de leurs concurrents. La Fédération des Entreprises de Bureau et la FICOME ( Fédération interprofessionnelle de la communication dentreprise) se sont alliées pour devant la Fédération EBEN (Entreprises du Bureau et du Numérique) et se sont constituées partie civile contre un distributeur accusé de publicité mensongère.

Les pratiques déloyales entre concurrents sont un secret de polichinelle contre lequel la Fédération des Entreprises du Bureau et du Numérique a décidé de lutter. Leur arme : une charte éthique ratifiée par 22 signataires en Rhône-Alpes. Six articles sur la considération du client, les relations commerciales entre professionnels (respect des règles déontologiques de la profession, etc.), avec les fournisseurs (favoriser les entreprises qui respectent les termes de la Charte), l’éthique sociale (amélioration des conditions de travail, respect de la législation sociale, des déclarations fiscales, etc.), la diversité (sensibilisation, formation et promotion du principe de non discrimination) et le suivi de la Charte. Avec comme finalité  une meilleure transparence pour les acheteurs publics et privés. Enfin, la FEB s’engage à actualiser les termes de cette charte autant de fois que nécessaire.

Chaque entreprise souhaitant y souscrire doit adhérer au syndicat et passer  par la commission « mobilier de bureau » de la Fédération. Examiné tous les ans, ce « label » peut être retirée à toute entreprise signataire dont les pratiques apparaissent en contradiction avec les engagements de cette charte et chacun peut être amené à signaler un dysfonctionnement. A l’origine du projet,  » des échos de différentes entreprises qui perdaient différents appels d’offres avec de grosses différences de prix » explique Anthony Orsonneau, Président de la société Arbet Aménagement et porte-parole du groupement de sociétés adhérant à cette charte. La faute à des entreprises peu scrupuleuses qui n’hésitent pas à mentir sur l’origine ou les normes des produits.

Anthony Orsonneau patron de Arbet Aménagement. Photo Pierre Eric BURDIN / Le Dauphine Libéré

« Il n’y a pas d’entreprise à abattre« 

Après la constatation de tels agissements par certains distributeurs de mobilier de bureau dans la région, le syndicat a décidé d’agir auprès du Procureur. Action, réaction. La direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRRECTE) de  Rhône-Alpes est descendue une entreprise pour constater des dysfonctionnements et de la publicité mensongère.  Fabrication française annoncée sur des produits fabriqués en Union Européenne, certification annoncée sur des produits non certifiés, utilisation de certificats PEFC FSC qui ne correspondent pas aux produits ou encore fausse durée de garantie sont autant de pratiques constatées. Alors que le syndicat s’est porté civil, l’affaire devrait être porté devant les tribunaux. Mais Anthony Orsonneau tient à préciser que cette action ne vise pas à « abattre une entreprise. Le fait est qu’il y a une forte concurrence dans le métier et qu’on doit se différencier par la qualité, pas par des mensonges. Si l’entreprise change ses pratiques, on aura déjà gagné« .

Cette charte est une première étape dans la lutte de ces TPE et PME contre des groupes aux pratiques commerciales douteuses, et aux argumentaires trompeurs pour les clients finaux. La FEB soutient l’action des signataires et lance un appel aux pouvoirs publics de Rhône-Alpes pour dénoncer ces pratiques déloyales, nuisibles à l’image et à la réputation de cette profession. Parmi les autres axes étudiés, alerter les organismes certificateurs et pouvoir permettre à chacun de vérifier l’existence de la certification d’un produit en entrant le numéro auquel il correspond sur le site.  « La concurrence doit exister mais il y a des règles à respecter. On invite les gens à vérifier que la charte est vraie et à acheter en connaissance de cause« .

Une réunion avec les fabricants de mobilier de bureau devrait également être programmée à la rentrée pour évoquer avec eux l’existence de cette charte car « il arrive que des entreprises répondent à des appels d’offre avec une marque et en livrent une autre » explique Anthony Orsonneau. Le but, à terme, est que ce label soit fourni dans chaque réponse d’appel d’offre, affiché sur le site internet, voire, pour les distributeurs propriétaire d’une boutique, mis en avant dans l’entreprise.

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