« Je ne gagne plus d’argent depuis 1985 »

Le Préfet de l’Ardèche, Dominique Lacroix, a rendu visite hier à une dizaine d’agriculteurs ardéchois et a visité la ferme de l’une d’entre elles. L’occasion étaient pour eux d’exposer leurs problèmes de la vie quotidiennes et leurs interrogations sur des sujets de société. Le Préfet s’est montré ouvert mais avait assez peu de solutions à proposer.

« L’agriculture est un élément essentiel de l’économie », affirme le préfet de l’Ardèche, Dominique Lacroix, en visite d’une exploitation à Toulaud. Accompagné d’une dizaine de paysans de la Coordination rurale de l’Ardèche, il a fait le tour de la ferme de Gaëlle Thallot, intéressé. « C’est votre seule activité ? » demande-t-il quand elle explique la traite des chèvres et la fabrication des fromages. Oui, « avec la vente à un supermarché et les marchés de Saint-Peray, Portes-lès-Valence, Valence et Guilherand-Granges, ça va ».

Le préfet de l’Ardèche, Dominique Lacroix, a visité l’exploitation de Gaëlle Thallot, en présence d’une dizaine d’agriculteurs de la Coordination rurale de l’Ardèche avant d’évoquer leurs différents problèmes lors d’une table ronde. Photos Anaïs VENDEL

Il n’aura guère fallu qu’un quart d’heure pour que les agriculteurs évoquent leurs problèmes, avant de s’installer en table ronde. Et, c’est déjà un bon début, les deux parties s’accordent sur le but : « échanger sur la conjoncture, sur les points positifs et ceux qu’on peut améliorer » explique le préfet. « C’est la première fois en vingt ans qu’un préfet vient nous voir, peut-être que c’est un signe d’ouverture du nouveau gouvernement » veut espérer Gilbert Besseas, président de la Coordination rurale ardéchoise.

« S’emparer du système pour peser »

Parmi les sujets évoqués : la Politique agricole commune (Pac), les droits de plantation, les contrats ou encore les revenus issus de la vente des produits. « On nous paye de moins en moins cher mais les produits sont vendus plus chers » plaide Jean-François Bombrun, éleveur de chèvres et producteur de lait. Si la problématique reviendra souvent au cours de la table ronde, le préfet n’a que peu de solutions à proposer. « Je suis partisan de la vente directe, c’est une vraie réponse dans notre région même si nous sommes handicapés par rapport aux gros volumes que produisent les agriculteurs à l’ouest ».

Une réponse qui ne fait pas l’unanimité chez les professionnels. « J’ai cherché à m’adapter à chaque fois, mais on ne m’a jamais donné plus. J’ai gagné de l’argent jusqu’en 1985… et aujourd’hui, on nous demande encore de nous adapter ! » s’énerve Jean-François Bombrun. Ce qui ne l’empêche pas de reconnaître que le niveau de vie des agriculteurs s’est amélioré ces dernières années, soutenu par Gilbert Besseas selon qui « on ne peut pas avancer sans l’Europe, on a tous les mêmes problèmes ».

Pendant deux heures, la dizaine de paysans a exposé ses doléances au préfet qui les a écoutés en précisant que « nous n’avons pas eu de réunion avec le ministre donc pas de directives à vous donner. Mais la profession doit s’emparer du système pour avoir la capacité de peser ».

Article paru dans le Dauphiné Libéré du 4 juillet 2012

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2 Responses to “« Je ne gagne plus d’argent depuis 1985 »”
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  1. […] Aujourd’hui, le salaire moyen dépasse les 19.500 euros par an mais affiche une moindre progression depuis 2007 à cause de la crise. Seulement 10% des Français gagne plus de 39.270 euros annuels (3 272,50 €/mois) quand les 10% les moins fortunés vivent avec moins de 10 430 euros annuels (869 €/mois). En 2009, les 10% de ménages les mieux dotés possédaient en moyenne 35 fois plus de patrimoine que les 50% de ménages les moins bien dotés, contre 30 fois plus en 1997. Cet écart s’explique par l’envolée des prix de l’immobilier qui ont avantagé les propriétaires. Et c’est entre 60 et 69 ans que les ménages sont les plus riches, avec un patrimoine moyen de 358 900 euros. Au-delà, le patrimoine se réduit, notamment sous l’effet des donations aux générations suivantes ; l’épargne est alors utilisée pour compenser la perte de revenus. Quant aux plus jeunes, ils ont plus de mal à mettre de l’argent de côté : à moins de 30 ans, le patrimoine moyen n’excède pas 54.000 euros. Si niveau de vie et patrimoine sont corrélés pour la moitié des Français, l’Insee note pourtant des disparités liées à la trajectoire professionnelle, à l’âge ou aux héritages. Un an au chômage représente une baisse de 4 % de patrimoine et un arrêt maladie supérieur à un an, une chute de 20 %. Ainsi 30 % des ménages gagnant le mieux leur vie (des jeunes cadres en début de carrière) disposent d’un patrimoine très inférieur à leur niveau de vie. À l’inverse, près de la moitié des ménages gagnant le moins (des agriculteurs, pour la plupart) ont un patrimoine bien plus élevé. Preuve qu’en dépit des amortisseurs sociaux dont dispose la France, la perte d’emploi a des incidences directes sur le niveau de vie. […]

  2. […] et Rome sont d’accord pour défendre au sein de l’UE le maintien des budgets de la Politique agricole commune et des politiques de cohésion. François Hollande et Mario Monti devaient aussi faire cause […]



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