Le soutien scolaire en sursis à Valence

L’association de soutien scolaire valentinoise « Les Cigaliers » a fêté ses dix ans d’existence jeudi soir. Un anniversaire entâché par la menace de leur principal financeur d’arrêter leur subvention, plaçant en sursis l’association.

« Si vous connaissez des personnes qui peuvent nous aider, même de 500 euros, on prend !  » Gabriel Pillon, président de l’Entr’aide Drômoise, des mutuelles Eovi Drôme Arpica, se veut enjoué mais il ne mâche pas ses mots sur la situation financière de l’association “Les Cigaliers”. Eovi, principal soutien de l’association, a annoncé en début d’année la suppression de ses 33 000 euros de subventions. En cause, selon Gabriel Pillon : la fusion entre la Mutuelle Arpica et les Mutuelles de la Drôme. « Les autres mutuelles n’avaient pas ce genre de service donc pour elles, ce sont des dépenses inutiles » estime le président de l’Entr’Aide. Un coup dur pour « les Cigaliers » qui fonctionnent plutôt bien et qui devront se contenter des suventions du Conseil Général, de la CAF, de la Ville et de la Direction de la Proximité.

« On a peur qu’ils nous mettent dehors »

Une réunion avec les directeurs d’Eovi est prévue le 28 juin mais Gabriel Pillon est plutôt pessimiste. « Notre responsable éducation est partie et nous ne récupérerons pas 33 000 euros mais nous aimerions la différence entre le salaire de la responsable et la subvention » explique Sylvie Chateau, la directrice des Cigaliers. Sans cela, l’avenir de l’association n’est pas assuré, d’autant que c’est Eovi qui « loue gratuitement » le 13 avenue du Champ de Mars. Quid de ces murs sans ces subventions ? « Nous n’en savons rien. On a peur qu’ils nous mettent dehors et nous n’aurons pas de réponse avant le 28 juin » s’alarme Gabriel Pillon, qui a demandé de l’aide à la Mairie. Mais seules les subventions actuelles de la municipalité sont assurées, « et elles ne seront ni supérieures, ni inférieures aux précédentes » explique le président de l’Entr’Aide Drômoise. Une incertitude qui fait planer le mystère sur la pérennisation du poste de Sylvie Chateau. « Elle est payée au SMIC mais si on doit payer un loyer, on ne pourra plus assurer son salaire ».

L’association Les Cigaliers, représentée ici par Gabriel Pillon, président de l’Entr’aide Drômoise (à gauche), Paul Genoud (directeur de l’association) et Sylvie Chateau, la directrice de l’association, a fêté ses dix ans jeudi soir.

Dix ans d’entraide en centre-ville

Aider aux devoirs et proposer des ateliers linguistiques, santé, graphes, chocolat ou encore cinéma aux enfants et aux parents, depuis dix ans, l’association “Les Cigaliers” propose ses services aux habitants du centre-ville. Initiée par la section locale de l’Entr’aide Drômoise, l’association aide aujourd’hui 52 enfants en difficulté scolaire, du primaire au collège, grâce à Sylvie Chateau, la directrice, quinze bénévoles et deux psychologues. “Les Cigaliers”, Michael Padouani ne les aurait pas connus sans les problèmes de comportement de son fils, Valentin, 13 ans, expulsé deux fois du collège Émile Loubet avant un Conseil de discipline. « C’est le collège qui nous en a parlé et c’est une bonne initiative. On se sent désarmé quand ça nous arrive » estime le papa. Valentin a fait ses premiers pas dans l’association en février et depuis, son comportement a déjà changé. « J’étais mitigé mais aujourd’hui, quand quelqu’un me provoque, je les ignore. Avant, je n’y arrivais pas » reconnaît Valentin. Un travail sur le comportement doublé d’une aide aux devoirs en maths. « Valentin devrait passer en 4e » se réjouit Michael, qui redoute la fermeture de l’association, quand Valentin voulait y retourner la rentrée prochaine.

Apprentis grapheurs

Entre le cinéma, le chocolat ou la promotion de la santé, l’un des ateliers préférés des enfants se différencie avec ses bombes de peinture, ses marqueurs acryliques et ses toiles : les graphes. Cette année, c’est le grapheur professionnel Rémi Assezat, intervenant à la Brouhaha Fabrik, qui s’est chargé des cours : dix séances d’une heure à une heure et demie, selon les âges. De l’historique des graphes à la réalisation, les apprentis grapheurs ont appris à manier la bombe sous tous les aspects, en mettant la scolarité à l’honneur. « Ils devaient réaliser un tableau avec un aspect positif de l’école pour eux » explique Rémi Assezat. Progresser, étudier ou s’investir s’affichent donc sur les murs de l’association. Pour le plus grand bonheur des enfants, de 6 à 14 ans : « Je ne savais pas faire et Rémi m’a aidé à chaque fois » reconnaît Valentin.

Article publié dans Le Dauphiné Libéré du 9 juin 2012.

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