« Claude n’a pas changé, il n’a jamais renié ce qu’il était »

Les hommages n’ont cessé de pleuvoir depuis l’annonce de la mort d’un cancer du réalisateur Claude Miller. Le scénariste Bernard Stora a travaillé deux fois avec le réalisateur de” l’Effrontée”, ami” passionné de cinéma jusqu’à son dernier jour”.

Ils viennent de deux mondes différents et se sont connus à l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), à 18 ans. Le modeste Parisien Claude Miller et son perfectionnisme intéressent alors le Marseillais Bernard Stora. Claude Miller vient d’une famille juive et pauvre qui vit à Montreui. La déportation de sa famille et la mort de sa soeur aînée que ses parents lui ont longtemps caché le hantent. Depuis ils ne se sont plus quittés et ont travaillé sur deux films ensemble : L’Effrontée en 1985 ((qui valu à Charlotte Gainsbourg le César du meilleur espoir féminin en 1985) et Vent de panique en 1987. Mais au-delà d’une collaboration professionnelle, c’est d’un ami dont se souvient le scénariste. Ils n’ont jamais travaillé ensemble sur le plateau mais Bernard Stora confie que “même à l’hôpital, il a suivi toutes les étapes de son dernier film “Thérèse Desqueyroux”, jusqu’à l’affiche”. Bernard Stora se souvient d’un homme “jamais content et très amoureux de son métier” qui a plusieurs fois arrêté des films dont il était peu convaincu. Mais ce qui l’a marqué dans le personnage, c’est aussi sa relation avec sa femme, Annie.

Le réalisateur Claude Miller est décédé le 4 avril, à Paris.

Très estimé de la profession comme du public, le réalisateur a su rester authentique. “Il n’a jamais renié ce qu’il était, je ne vois aucune différence entre le Claude Miller d’hier et le Claude de 18 ans” affirme son ami, ému. Claude Miller, on s’en souvient pour ses nombreux succès : le face-à-face entre Lino Ventura et Michel Serrault, sur des dialogues de Michel Audiard dans Garde à vue, en 1981,  Charlotte Gainsbourg en gamine à la langue bien pendue et sa mère, jouée par Bernadette Lafont dans l’Effrontée, la Meilleure Façon de marcher  en 1975 qui réunit Patrick Dewaere et Patrick Bouchitey. L’échec de Dites-lui que je l’aime(1977) ne l’empêche pas de réaliser quelques années après un film sur commande : Garde à vue qui remporte le succès du public comme des professionnels puisqu’il sera oscarisé.Isabelle Massot, déléguée générale du festival international des scénaristes se souvient d’un homme très « pédagogue, qui aimait les comédiens et la jeunesse, il savait se rendre très disponible ». Président de l’Association des réalisateurs producteurs de 1997 à 1999, il a ensuite présidé le réseau de salles Europa Cinémas et la Fémis (2007-2010) tout en militant pour la défense de l’exception culturelle. Invité d’honneur du festival des scénaristes en 2005, un hommage lui a été rendu lors de la cérémonie de clôture, à Valence, de l’édition 2012.
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