Michel Dorne, un esprit sain dans un corps… bien abîmé

Kinésithérapeute valentinois, Michel Dorne cumule plus une vingtaine de blessures en quarante ans. Le sport, la malchance et la précipitation lui ont fait testé pour nous à plusieurs reprises les services hospitaliers, expérience qu’il raconte dans un livre, à lire dès le 1er mai, intitulé « J’ai testé pour vous… », aux éditions Fortuna.

 

Michel Dorne fait partie de ces hommes qui ne redoutent plus le vendredi 13. Fracture du poignet, de la clavicule, des côtes, du nez, des dents, rupture des ligaments croisés, blessures oculaires, paralysie faciale, hernie discale, sciatique paralysante, brûlure des jambes… La liste  de ses blessures est encore longue et pourtant, le kinésithérapeute valentinois garde le sourire. Dans un livre intitulé “J’ai testé pour vous…”, en librairie le 1 mai, le thérapeute raconte ses malheurs avec humour et dérision comme après l’une de ses opérations  pour laquelle il écrit : “Super, le chirurgien n’était pas saoul et ne s’est pas trompé de jambe. L’anesthésiste a su me réanimer et personne ne m’a fait tomber de la table d’opération. Avec un peu de bol, je vais échapper à une infection nosocomiale ! ” Et du recul, il lui en faut : en quarante ans, il a subi une vingtaine de traumatismes, de multiples anesthésies,  des tas d’examens, autant de salles d’attente, et de médecins. Alors quand, sur son lit d’hôpital après la pose de sa prothèse de hanche, il se demande comment autant de choses peuvent lui arriver, il décide d’écrire un livre.

“Prendre du temps avant plutôt que d’en perdre après”

Un ouvrage comme une thérapie pour apprendre à relativiser. Faut-il blâmer son comportement ou la malchance ? “J’ai un caractère très enthousiaste, j’aime la vie, je n’aime pas perdre mon temps et j’en oublie de prendre les précautions d’usage” reconnaît le kiné de l’Équipe de France masculine de ski, “mais j’ai quand même cumulé beaucoup de malchance”. Pourtant, il est un exemple d’optimisme et soutient avoir de la chance dans ses malheurs. Comme ce jour où, après une hernie discale, il veut arracher la souche d’un arbre gelé en y mettant le feu. Faute de gasoil, il utilise de l’essence, qui explose et lui enflamme les jambes. “Il y avait un bidon de dix litres à côté qui, heureusement, n’a pas explosé, sinon je ne serais plus là pour en parler !” Bilan de l’accident : huit jours d’hospitalisation à l’hôpital des grands brûlés St-Luc à Lyon, une paralysie permanente du pied et 20 000 euros de frais pour la Sécurité Sociale. Aujourd’hui, Michel Dorne prend la vie du bon côté en avouant être “ravi d’avoir cotisé, parfois, en ronchonnant, ça a largement remboursé toutes mes cotisations”. Mais lui qui a enseigné la prévention toute sa vie incite à ne pas suivre le même comportement que lui et “à prendre du temps avant plutôt que d’en perdre après”.

Actif et fier de l’être

Comment ce sportif tient-il toujours debout aujourd’hui ? Malgré les douleurs, son entourage lui a permis de garder le moral et il a su adapter ses ambitions à ses capacités. Le sport, il n’a pas abandonné. Ski de piste, randonnée ou tennis en double font toujours partie de son quotidien mais il a dû mettre de côté le foot, le footing, le handball et le ski de fond qu’il pratiquait avant. Sa formation de thérapeute lui a appris la formidable capacité du corps à guérir et à s’adapter. “Et il y a la fierté, je n’aime pas paraître diminué” sourit-il. La médecine alternative ? Il y a déjà pensé, comme beaucoup, mais n’a jamais franchi le pas. Pourtant, un de ses patients, pompier volontaire, lui a passer le don de “barrer le feu”. “Mais je suis trop cartésien pour me tourner vers ce genre de pratique  !” Son regard sur le monde médical, auquel il appartient, n’a pas été bouleversé par toutes ces opérations. Conforté dans l’idée qu’il est plutôt bien fait, il reconnaît qu’il n’échappe pas à l’image du monde professionnel général : certains thérapeutes sont bons, d’autres moins.  A ceux dont le corps est meurtri, aux blessés ou aux déprimés, Michel Dorne adresse un message d’espoir.

Michel Dorne en dates

7 ans : il se fait opérer des végétations : c’est son premier souvenir médical.

12 ans : il vole le vélo de son père et sprint jusqu’à Chabeuil où il chute dans le caniveau. Il se casse le bras mais redoute plus la gifle de son père.

1992 : il sort “Etre bien avec son dos”, ouvrage de vulgarisation scientifique. La guerre du Golfe ne favorise pas les ventes du livre, qui s’écoule tout de même à 30 000 exemplaires.

2009 : Après la pose d’une prothèse de la hanche, il a l’idée d’un livre reprenant ses déboires, qu’il voulait appeler “Prothèse-nous du mal”.

Article paru dans Le Dauphiné Libéré du 13 avril.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :