L’égalité homme-femme progresse mais demeure fragile

La date est anniversaire : le 8 mars 2012, c’est la 30e édition de la très consensuelle Journée Internationale des Droits de la Femme. Une initiative lancée par les Nations-Unies en 1982 qui visait à éradiquer le sexisme. Si en trente ans, la révolution sexuelle a fait évoluer les choses, les inégalités demeurent vivaces. 

Les femmes représentent 51,6% de la population française.

Six. C’est le nombre de minutes que les hommes consacrent de plus au ménage que leurs aînés de 1986, d’après une étude de l’Insee, révélée aujourd’hui. Une progression très anecdotique (qui amène les Français à passer 2h30 de leur journée aux tâches ménagères) quand on considère que les femmes, majoritaires en France, passent toujours quatre heures à faire la vaisselle, la lessive, le ménage ou à s’occuper des enfants. Mais rassurez-vous Mesdames, l’écart du temps passé à effectuer des tâches domestiques entre les hommes et les femmes s’est réduit de 40% en 25 ans. Plusieurs facteurs peuvent tenter d’expliquer cette baisse. Les normes sociales liées au travail domestique ont évolué, les foyers sont de mieux en mieux équipés en électroménager et, avec l’augmentation de l’emploi féminin, les ménages externalisent davantage certains services (livraison de plats préparés, recours à des aides ménagères, etc.). Mais si les femmes ont réduit leur temps de travail à la maison, c’est aussi parce qu’elles n’ont pas toujours le choix. Travailler en entreprise et rentrer tard le soir n’incite pas vraiment à se mettre aux fourneaux, à cirer les escaliers ou s’occuper des enfants (surtout que seulement 2% des congés parentaux sont pris par des hommes). Mais globalement, si l’on excepte la cuisine de tous les jours, plus les activités sont considérées comme des corvées, plus les écarts de participation sont importants entre les hommes et les femmes. Ainsi deux tiers des femmes pour seulement 14 % des hommes s’occupent du repassage, activité considérée comme la plus déplaisante pour les deux sexes.

Côté vie familiale, les femmes franchissent les principales étapes de la vie plus tôt que les hommes. Elles quittent le foyer parental en moyenne deux ans avant les hommes mais s’installent plus tard en couple. Avec l’augmentation du coût de la vie et la longévité des études, l’âge où la moitié des jeunes vit en couple a augmenté d’un an et demi. Les femmes ne se mettent en couple qu’à 24 ans et demi contre 27 ans pour les hommes en 2008. Conséquence logique, l’âge du premier enfant se décale de deux ans.  Plus tardives, les unions sont aussi plus fragiles. Le nombre de familles monoparentales a connu une vive progression en 20 ans : + 70 % entre 1990 et 2008.  Mais si la durée de vie en couple est restée stable, autour de 37‐38 ans,  le nombre d’années passées à vivre seul augmente : un peu plus de trois ans en moyenne. Concrètement, un homme passe 10 ans de sa vie seul dans son logement, une femme 15 ans.

Progression au travail

En 2010, deux tiers des femmes travaillaient contre 59% en 1990. Mais elles sont toujours plus nombreuses que les hommes à occuper des emplois moins qualifiés. Pourtant, les filles réussissent mieux à l’école que les garçons : elles ont de meilleurs résultats, font des scolarités plus longues, redoublent moins et sortent plus diplômées. En 20 ans, presque la moitié des filles (48%) sont diplômées du supérieur pour seulement 37% des garçons. Ce qui n’empêche pas les femmes de toucher toujours 25% de rémunération de moins que leurs collègues masculins. Et lorsqu’il s’agit d’effectuer le même travail, elles gagnent 20% de moins dans le secteur privé, 15% dans le public. Rebelote pour la retraite : les femmes perçoivent en moyenne 833 euros quand les hommes touchent presque 1 000 euros de plus : 1 743 euros. Le travail à temps partiel occupé à 73% par des femmes n’y est pas étranger. A partir de 35 ans, les femmes sont également plus susceptibles de limiter leur activité, maternité oblige : si elles représentent aujourd’hui plus d’un tiers des cadres, contre seulement 23% il y a 20 ans, elles ne sont que 11% à pourvoir des postes de direction générale ou d’un département.  La France occupe d’ailleurs la 18e place européenne pour le nombre de femmes à l’Assemblée Nationale (18,5%). Le marché du travail reste par ailleurs très clivé selon le sexe. Peu de métiers approchent la parité, et la mixité a progressé lentement depuis vingt ans, surtout dans les métiers les moins qualifiés. L’emploi dans les services est devenu de plus en plus féminin et l’emploi industriel de plus en plus masculin.

Mais, côté positif des choses, l’espérance de vie des femmes est toujours supérieure à celle des hommes : 85 ans contre 78 ans. Les femmes vivent donc 7 ans de plus en moyenne que les hommes. Après avoir augmenté depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, cet écart se réduit depuis le début des années 1990. Un rattrapage qui s’explique principalement par une baisse de la mortalité des jeunes hommes (recul des décès dus aux accidents et, dans une moindre mesure, aux suicides). Mortalité qui reste tout de même trois fois supérieurs à ceux des femmes autour de 20 ans.  Mais hommes et femmes ont principalement gagné des années de vie après 60 ans, notamment grâce à la baisse marquée de la mortalité liée aux maladies cardio‐vasculaires. Les hommes ont également commencé à bénéficier de la baisse de la mortalité liée aux tumeurs, baisse que connaissaient déjà les femmes.

Actions locales

Expositions, conférences, débats, mais aussi projections, spectacles, flashmob… A Lyon, comme dans beaucoup de villes de France, la Mairie organise une vingtaine d’activités en lien avec la Journée de la Femme, sur l’ensemble de la semaine. Lyon tient d’ailleurs à s’engager davantage en signant la « Charte européenne pour l’égalité femmes/hommes dans la vie locale » qui permet de travailler sur les champs de compétence de la Ville. Samedi, les associations féministes lyonnaises ont prévu de défiler de la place des Terreaux à la place Bellecour sur le thème de la défense des droits des femmes, entre 14h30 et 17h.

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One Response to “L’égalité homme-femme progresse mais demeure fragile”
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  1. […] pour les employés. Pour les femmes, il est plus intéressant de travailler dans le public car elles ne gagnent « que » 13% de moins par rapport aux hommes, contre 20% dans le privé. Et pour la première fois depuis 25 ans, le taux […]



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