Les restos du Coeur version Insertion

Alors que les Restos du cœur sont entrés en campagne pour récolter des fonds et que le prochain concert des Enfoirés est programmé du mercredi 1er au lundi 06 février 2012 à la Halle Tony Garnier de Lyon, d’autres se battent pour réinsérer des personnes dans le besoin, par l’activité économique.

A 23 ans, Karim ne pensait pas avoir besoin des Restos un jour. Pourtant, voilà six mois qu’il habite au centre d’hébergement « Les Restos du Cœur-Insertion » de Valence, que le Préfet de la Drôme visitera demain soir. Victimes, comme les 14 autres résidents, d’une rupture familiale, ce centre était son dernier recours pour ne pas finir à la rue. « Je ne me souviens même plus comment je suis arrivé là. J’ai fait une demande, j’ai passé l’entretien, et je suis arrivé. » Pour ce jeune cuisinier qui n’a gardé contact qu’avec ses frères et sœurs, en particulier son jeune frangin, franchir la porte des Restos n’a pas été particulièrement difficile. « Je ne connaissais pas ce genre de structure mais je veux m’en sortir. D’ailleurs, fin janvier, je ne suis plus là ». Un séjour positif pour celui qui a raté son CAP de cuisine mais auquel il estime ne pas tout devoir. Son travail dans un restaurant valentinois ne fait pas partie des quatre chantiers d’insertion des Restos, il l’a trouvé seul. Mais s’il a pu le trouver, c’est aussi parce que les travailleurs sociaux obligent les résidents à sortir du centre tous les matins, de 9 heures à 11 heures. Mais ce n’est pas une balade que leur imposent les aidants. « La stabilisation est fermée pendant trois heures pour que les résidents fassent leurs démarches administratives, comme aller au Pole emploi par exemple, ou un rendez-vous chez le médecin » explique Hélène Billon, assistante sociale du centre. La stabilisation, c’est le nom donné aux quinze places d’hébergement fournies aux personnes en voie d’insertion, qui participent des 45 places d’hébergement d’urgence de l’association. « Je me débrouille tout seul, mon emploi, je l’ai trouvé tout seul. Je ne suis pas souvent là » clame pourtant Karim. L’œil enjoué et surfant sur Internet, il ne pourra pourtant partir que s’il a l’aval d’un des deux travailleurs sociaux de la structure. « Notre objectif est la pérennisation du logement et de l’emploi des résidents. Il ne faut pas qu’ils s’en aillent pour se retrouver à zéro dans deux ou trois mois » explique l’assistante sociale.

Vie en communauté

Des centres comme celui de Valence, il y a en une douzaine en France. Pendant quelques mois, et au maximum pendant deux ans, des personnes en situation difficile, socialement et économiquement vont pouvoir reprendre leur autonomie et retrouver un logement stable. « En six mois, on fait le nécessaire pour remettre à jour leurs droits ou les ouvrir, leur faire refaire des papiers si c’est nécessaire et les aider à trouver un emploi et un logement stables » confie Hélène Billon. Les locaux de Valence sont assez vétustes mais comportent huit chambres, dont sept doubles, des sanitaires, des douches, un coin bibliothèque, un coin salon, une terrasse et un lieu de vie. Comme dans tous lieux de vie commune, chaque résident doit participer à l’entretien du centre. D’après l’assistance sociale, il n’y a jamais de grosses violences, juste des coups de gueule, « car chacun a son caractère et ses problématiques et la fatigue aidant, parfois il y a de l’énervement. Mais nous sommes là pour rétablir le calme et les résidents le font aussi ».

Il y a toujours quelqu’un pour veiller sur les résidents, nuit comme jour. Résultat : les deux travailleurs sociaux connaissent bien chacun des résidents et arriver à cerner leur caractère. Le centre travaille en partenariat avec l’école de la deuxième chance. En effet, la moyenne d’âge des résidents oscille entre 20 et 25 ans et aller à l’école leur permet de garder un certain rythme. « Ils ont un stage obligatoire à effectuer et très souvent, c’est une porte d’entrée dans la vie économique » ajoute Hélène Billon. Si certains comme Karim travaillent en dehors de la structure des Restos du Cœur, d’autres peuvent faire la demande pour intégrer l’un des quatre chantiers d’insertion de l’association. Après avoir déposé leur candidature auprès de l’atelier Conficoeur (confection de confitures pour les centres Restos), Jardin du Cœur, Restordi (atelier de rénovation d’ordinateur) ou Toit du Cœur, et passé un entretien, ils pourront peut-être rejoindre les 85 salariés en insertion comptabilisés en 2008.
Mais le centre d’hébergement de Valence veille aussi à organiser des activités permettant au personnel et aux résidents de se retrouver. Au minimum une fois par mois, des sorties sont préparées. « Il y a quinze jours, ils ont été au foot en salle et ce week-end, ils vont faire deux groupes pour aller au cinéma. Le week-end, nous préparons aussi le repas avec eux. Un résident se dévoue et fait la recette de son choix. Il prépare sa liste des courses et nous y allons le samedi » confirme Hélène Billon, qui possède un budget de 80 euros par week-end pour les activités et le repas. Sans compter le soutien des bénévoles et le don d’une boulangerie « qui nous offre ce qu’elle n’a pas vendu de la journée ». Malgré le couvre-feu à 20h30, les résidents sont libres de sortir s’ils le souhaitent, après avoir demandé une autorisation de sortie. Karim, lui, va fêter le nouvel an à Marseille, avec son jeune frère.

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  1. […] d’un nouveau service  des Restos. Après les 85 Restos Bébés du Coeur, les 99 Ateliers et Chantier d’Insertion, les 294 ateliers d’accompagnement scolaire et de lutte contre l’illettrisme, les 54 […]



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