Plus de la moitié des jeunes chercheraient un emploi précaire

Une jeune femme regarde les offres d'emploi dans un quotidien.

Une étude de Qapa.fr, plateforme de matching dédiée à l’emploi, a présenté hier son baromètre de décembre sur le rapport entre les jeunes et le monde du travail. Et les résultats ne sont pas très réjouissants : plus de la moitié des moins de 26 ans recherchent des contrats courts.

Alors que les chiffres du chômage viennent de tomber, avec 2 844 800 demandeurs d’emploi en novembre, soit 29 900 de plus qu’en octobre, Qapa.fr a présenté hier une étude sur le rapport entre les jeunes et le monde du travail. Le site a interrogé 7 000 jeunes de moins de 26 ans pour mieux cerner leurs souhaits et objectifs pour l’année à venir. Le constat est étonnant : la majorité des jeunes cherche des emplois courts, payés au SMIC. Ils ne sont ainsi que 22% à demander un CDI et seulement 18% espèrent un temps plein. La fonction publique ne représente en revanche plus un eldorado : seul 1,72% des jeunes aimeraient y travailler. Pourtant, les contrats les plus proposés seraient les CDI (à 47,06%) et non les emplois courts (43,6%). Et la région Rhône-Alpes ne fait pas mieux, avec plus de 54% d’emplois courts demandés en décembre 2011 pour 45% proposés. La situation semble d’ailleurs s’aggraver, si l’on en croit les chiffres de l’Observatoire des Inégalités, selon lesquels 34 % des actifs de 15 à 29 ans occupaient un contrat à durée déterminée, un contrat aidé ou un stage, contre 9 % des 30-49 ans, en 2009. Leur inexpérience, mais aussi leur arrivée dans une période plus difficile où chacun s’accroche à son emploi explique en partie cette précarité. Si la majorité occupait un contrat à durée indéterminée (53 %), 5 % des jeunes actifs exerçaient un emploi temporaire contre 2 % des 30 à 49 ans, 17 % un CDD contre 6 % des 30-49 ans. Bien que la situation vécue par les jeunes générations soit plus difficile que celle des plus anciennes, pourquoi les espérances des jeunes sont-elles tant revues à la baisse ?

Plus diplômés mais moins compétents

L’une des premières constations de cette étude est que les jeunes d’aujourd’hui sont plus diplômés que leurs aînés : plus d’un tiers des jeunes est titulaire d’un bac+5 ou d’un équivalent, quand moins d’un tiers des employeurs demande un niveau d’étude supérieur à un bac+4. En Rhône-Alpes, plus d’un tiers des postes à pourvoir ne demande d’ailleurs aucune formation scolaire. Si Stéphanie Delestre, fondatrice de Qapa.fr, estime que « le parcours scolaire ne semble en aucun cas favoriser l’insertion professionnelle, ce qui tend à obliger les jeunes à baisser leur prétention, quitte à être dans la majorité des cas surqualifiés pour les postes demandés », l’Insee, dans un rapport paru en novembre, affirme au contraire que « le fait d’être diplômé et le niveau de diplôme jouent de façon déterminante sur l’insertion professionnelle en début de carrière. En effet, quelle que soit la conjoncture au moment de leur entrée sur le marché du travail, la situation professionnelle des diplômés du supérieur est nettement meilleure que celle des diplômés de l’enseignement secondaire (CAP-BEP, baccalauréat ou équivalent) ou des peu diplômés (personnes sorties de formation initiale avec uniquement le brevet ou sans aucun diplôme) ». Conséquence : Le salaire moyen net mensuel demandé par les jeunes est de 1161,35 €. Soit quasiment l’équivalent du SMIC. D’après l’institut de sondage, en 1991, 69 % des jeunes de 20 à 24 ans étaient diplômés de l’enseignement secondaire (30 % étaient diplômés de BEP ou CAP et 39 % bacheliers) contre 83% en 2010  (16 % ont un CAP-BEP et 67 % sont bacheliers). Au début des années 1990, environ 20 % des jeunes de 25-29 ans étaient diplômés du supérieur, ils sont environ 42 % en 2008. Un phénomène qui touche directement les compétences professionnelles : leur durée de scolarisation les empêche d’obtenir des expériences significatives sur le marché du travail. Résultat, seuls 14% des jeunes sont titulaires du permis B alors que c’est la compétence la plus recherchée chez les recruteurs, qui la demande pour plus d’un sur cinq.

Être vendeur fait rêver

Un problème quand la majorité des métiers demandés touchent à la vente ou à l’informatique, secteurs les plus en vogue et les plus recruteurs actuellement. Ainsi, plus d’un jeune sur dix dit vouloir être vendeur, poste pourtant parmi les moins proposés. Mais aujourd’hui, quel secteur recrute véritablement ? D’après l’étude de Qapa, les infirmiers, les commerciaux et les développeurs web sont les plus recherchés. Il existe pourtant bien un domaine où l’offre et la demande coïncide : la région demandée. Sans surprise, le podium est composé de l’Île de France, de la région Rhône-Alpes et de la Provence Alpes Côte d’Azur, avec cependant une chute du nombre de possibilités en île de France. Signe, s’il en fallait, que la récession est bien là.

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Comments
4 Responses to “Plus de la moitié des jeunes chercheraient un emploi précaire”
  1. jennyfer dit :

    Cela ne m’étonne pas du tout, car je suis dans ce cas.
    Diplômée bac+4 communication visuelle en juin, parlant couramment trois langues et 4 stages réalisés.

    Je n’arrive pas a trouver un emploi, car dans ma branche toutes les sociétés veulent soit des stagiaires soit des gens avec deux ans ou plus d’expérience professionnelle (hors stages bien sur) et pas des jeunes diplômés.

    Je dirais bien que la plupart de mes collègues sortis d’école on est dans la même galère. Au début quand on a reçu nos diplômes on refusait de refaire des stages et on voulait trouver un emploi, mais une fois les vacances finies on avait toujours pas de travail et beaucoup d’entre nous y compris moi même avons été contraints a nous rabaisser encore une fois et faire un stage qui pour une fois de plus nous a conduit à la porte une fois finie car « c’est la crise » ou « ils n’ont pas de budget… » n’empêche on faisait le travail de la meilleure façon possible et pourtant non…
    Maintenant c’est janvier et nous revoilà en galéré car plus de stage possible et donc on est au chômage :-/

  2. @ pointedactu : Merci pour cette analyse.
    @ Jennyfer : ce sont toutes ces raisons qui nous ont poussées à lancer Qapa en juillet dernier. Après 5 mois, nous avons déjà plus de 40.000 candidats inscrits sur le site http://www.qapa.fr et 50.000 offres d’emploi et de stages disponibles. Nous avons déjà placé des candidats en postes CDI. Le + : plus besoin de CV et de lettre de motivation pour vous inscrire, juste quelques minutes pour donner vos informations et vous recevez en temps réel des offres qui correspondent à vos recherches. J’espère que Qapa pourra vous accompagner dans vos recherches.

    à bientôt
    Stéphanie Delestre (CEO Qapa)

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  2. […] de +10,6% – 16 % des salariés déclarent vouloir travailler plus. Soit 3,3 millions de personnes, essentiellement des jeunes, des ouvriers et des employés à temps partiel (pour 30%), souvent caissiers, vendeurs ou agents […]



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