Le football gaélique fait des pieds et des mains

Le sport préféré des Français, c’est le football, celui des Anglais, le rugby mais en Irlande, quel est le sport national ? Un mélange entre les deux : le football gaélique. Non médiatisé en France, ce sport qui emprunte des règles aux ballons rond et ovale comprend quelque 16 équipes et une fédération françaises.

L’équipe du Lugdunum CLG, en vert, en déplacement à Clermont-Ferrand.

Il n’est pas roux mais il est bien Irlandais. A 29 ans, Alan Buckley est l’un des créateurs du Lugdunum CLG, le club de football gaélique lyonnais, qui entame sa troisième saison. Arrivé à Lyon en 2004 après des études de commerce, l’amoureux du sport aux yeux bleus a vite adhérer au projet de l’Association Franco Irlandaise de Lyon (AFIL). En Irlande, où il a commencé à jouer à sept ans, le football gaélique est le sport national des catholiques. Chaque paroisse à ses joueurs et « il y a une équipe dans presque toutes les villes des 32 comtés » confirme-t-il. Les sportifs, tous bénévoles, n’ont pour équipe que celle du comté où ils sont nés. Pas de transfert donc, ni de brassage de milliers d’euros comme dans le football français.

Entre rugby et football

Si l’aîné d’une fratrie de quatre garçons assure que ce n’est pas un sport très compliqué, les règles peuvent sembler insolites pour nos cartésiens esprits français. Né au XIVe siècle dans la banlieue de Dublin, le football gaélique se joue à quinze contre quinze sur un terrain un peu plus grand qu’une pelouse de football traditionnel. Les joueurs se transmettent à la main un ballon rond semblable à celui de volley. Le but : le faire passer, avec les pieds ou les mains, au dessus de la barre transversale des poteaux en forme de H, comme au rugby, ou en dessous, dans la partie basse fermée par un filet, comme au football. Impossible pour le porteur du ballon de faire plus de quatre pas sans dribbler, comme au basket. Après les quatre pas suivants, il lâche le ballon sur son pied qui le renvoie dans ses mains : c’est un toe-tap. Ramasser le ballon au sol avec les mains est impossible, il faut un pick-up : le soulever avec le pied. Plus physique que le football et moins brutal que le rugby, le football gaélique autorise les contacts épaule contre épaule mais interdit les placages. Pas compliqué, disait Alan Buckley ? « Les nouveaux pensent

Alan Buckler a co-créé le club en 2008, quelques années après son arrivée en France.

pareil mais les Français s’habituent vite. Après cinq séances, ils maîtrisent ! »

« Capitaine plutôt qu’entraîneur »

Il faut dire que les entraînements d’une heure et demie sont musclés, d’autant que le froid a fait fuir les quelques joueuses. « Elles s’entraînent avec nous mais ont une compétition à part » précise Eoin Campbell, le deuxième coach. Un bonnet rayé sur les oreilles et en tenue de match, le numéro 16 Alan Buckley ne reste pas assis sur le banc. Après le tour de stade avec son équipe, il s’échauffe avec elle. « Alan est un capitaine plutôt qu’un entraîneur. Il est dans une condition physique impressionnante. Comme il a joué en Irlande, il nous apporte beaucoup » confie Pierre Adroguer, membre du club depuis deux ans. Chevilles, épaules, cou, hanches, tout y passe. Et en gaélique s’il vous plait. « Aon, dà, trì, ceithir, cóig » compte Eoin. Passes à terre, en l’air ou à la main, pour les Français qui composent la moitié de l’équipe, Alan fait travailler les gestes techniques en anglais. « On ne parle pas tous gaélique mais je me rends compte que j’ai des tics de langage en anglais » ajoute Pierre, rugbyman à ses heures perdues. Malgré sa barbe de trois jours et son visage enfantin, Alan fait autorité quand il s’agit de constituer les équipes pour un mini-match en six points. Un match enlevé que son équipe gagnera, grâce à un but décisif du numéro 16. Avant de rentrer chez lui, le coach au nez droit de rugbyman confie ignorer ce qu’il fera dans six mois. Peut-être retourner en Irlande. •

L’info en +  Lyon, peu accueillante ?

Entamer une discussion avec les Lyonnais n’est pas impossible mais difficile. C’est le constat dressé par Alan Buckley, à Lyon depuis 2004. Si la moitié de ses amis sont Français, il estime que « les Lyonnais ne sont pas aussi accueillants que les Irlandais ! » Les habitants de la verte Erin plus joviaux ? Question de culture mais aussi… de géologie. « On est une petite île et on boit beaucoup » sourit-il. Avant de reconnaître que « les Français boivent aussi. En fin de soirée, il y a autant de Français que d’Irlandais ! »

L’info en + L’Irlande en crise

La crise financière, « c’est un grand sujet dont on parle beaucoup » reconnaît Alan. Et pour cause, l’Eire fut l’un des premiers maillons faibles de la zone euro à imposer des coupes budgétaires drastiques, dès 2008 et à obtenir 85 milliards d’euros d’aides internationales pour combler son déficit. Le nouveau budget a été présenté mardi 13 décembre et totalise 3,8 milliards d’euros de mesures d’économies. « Toute ma famille est en Irlande mais je ne suis pas trop inquiet, je sais que la roue tourne pour le Tigre Celtique. »

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Comments
One Response to “Le football gaélique fait des pieds et des mains”
  1. And do not forget your obsession with the “liberation”, that also has been your national sport, you have between individuals of the same sex.

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