Père Michon : « Notre priorité n’est pas le look »

Bernard Michon est le père du Foyer de Chateauneuf et responsable de l’ensemble des 75 Foyers dans le monde. Il fait le point des priorités de telles structures.

 

Père Michon : " Je ne suis pas un patron qui prend seul les décisions"

Vous avez été élu responsable des Foyers en 2000 par une assemblée des représentants, en quoi consiste votre mission ?

Jusqu’à mes 75 ans, je suis celui qui veille sur l’ensemble des 75 Foyers. Je rentre d’un voyage au Burundi, avant j’étais au Cameroun, je dois être attentif à tous, les écouter. Parfois je pense comprendre leurs problèmes mais je les sous ou surestime, j’ai besoin d’eux. Je ne suis pas un patron qui prend seul les décisions, je suis bardé de Conseils qui me donnent des avis. Et puis j’assure aussi un lien avec les fondateurs. Je m’assure que les valeurs transmises dans les Foyers soient celles qu’ils ont voulu nous donner.

Le père Finet est un de ces fondateurs et son aura est partout, comme une empreinte. N’avez-vous pas l’impression d’avoir à faire votre place ?

J’ai une très grande estime pour le père Finet mais je n’y pense pas tout le temps. Il a fait une belle oeuvre mais cela fait 20 ans, les années ont passé. Beaucoup d’anciens ont connu les débuts avec le père Finet mais il n’y a pas de conflits entre lui et moi. Sa grâce continue dans d’autres. C’est l’évêque de Valence qui m’a demandé de venir ici et j’ai consenti. Je n’ai pas à faire mes preuves, j’ai marqué l’évolution des Foyers mais je ne sais pas comment. C’est difficile à juger. Ce n’est que maintenant que nous commençons à voir l’aura du père Finet.

Les anciens justement… La moyenne d’âge des membres est plutôt élevée. D’un œil extérieur, ne craignez-vous pas que le Foyer puisse ressembler à une maison de retraite pour chrétiens ?

Vu de l’extérieur, ça peut ressembler à une communauté de personnes âgées. Tout comme l’imposant bâtiment peut faire penser que nous pratiquons une religion lourde et stricte. C’était l’impression de deux jeunes parisiens venus en retraite et qui, d’abord impressionnés, avaient envisagé de partir avant de finir par rester. Mais notre priorité n’est pas notre look, c’est d’accueillir des retraitants. Ce n’est pas l’opinion des autres qui nous fait marcher.

Pourtant, les Foyers bénéficient de peu de reconnaissance, le bouche à oreilles est important…

Il y a plusieurs approches. D’abord, la Fondation des Foyers de Charité nous apporte une reconnaissance de l’Etat, qui nous autorise à recevoir de l’argent et nous distingue des paroisses ou des sectes. Ensuite, nous sommes reconnus par Rome ! Et ce n’est pas un label, cela signifie que je ne travaille pas à mon compte, que nous sommes une oeuvre d’Eglise. Enfin, beaucoup ont entendu parler de Marthe sans venir en retraite mais c’était sa volonté : que les vrais témoins fassent la publicité des Foyers. Donc le bouche à oreilles est très
important car ce n’est pas un livre, un film ou une affiche qui témoigne des retraites.

Depuis 1905, les établissements religieux ne reçoivent plus d’aides. Pourtant, le Foyer semble récent. Comment vous financez-vous ?

Les membres font bénévolement un maximum de choses pour que nous n’ayons pas à payer de personnes extérieures. Notre comptable est entrée après des études de médecine. Et puis, les retraitants nous montrent leur reconnaissance par des dons. Une dame a fait trois retraites avec le père Finet mais ne pouvait rien donner et aujourd’hui, elle nous envoie 1 000 euros. Il n’y a pas de taxe de séjour, nous sommes dépendants de ces dons.

Avec huit nationalités différentes, considérez-vous le Foyer comme un carrefour des cultures ?

C’est une jolie expression mais, si la culture est importante, ce n’est pas ce qui nous intéresse. Nous sommes une maison d’accueil et il y a plusieurs nationalités car nous sommes le Foyer-centre et que certains viennent voir la maison de Marthe.•

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