Le vote du budget fait trembler Obama

Un budget fédéral provisoire pour 2011 a été voté in extremis dans la nuit de vendredi mais la situation reste politiquement délicate pour Barack Obama.

 

Ce n’était plus arrivé depuis 1995 et l’administration Clinton : le gouvernement Obama a approché le « shutdown », c’est-à-dire cesser paiement et activité des quelque 800 000 fonctionnaires. En cause, le vote du budget fédéral 2011 au Congrès. Alors que les Républicains, majoritaires à la Chambre des Représentants depuis les élections de mi-mandat en novembre, réclamaient 61 milliards de dollars (42,2 milliards d’euros) de coupe budgétaire, les Démocrates, détenant le Sénat, n’en acceptaient que 33 milliards (22,8 milliards d’euros). Ils avaient jusqu’à vendredi dernier minuit pour voter le budget, faute de quoi, les services publics non essentiels auraient été arrêtés.

Deux crises en cinq mois

Un schéma redoutable pour Barack Obama, lancé depuis le 4 avril dans la course aux présidentielles de 2012, quand sa cote de popularité atteint 46,7 % d’avis positifs à mi-mandat. Malgré l’annonce de John Boehner, président républicain de la Chambre, d’un accord provisoire de 38,5 milliards de dollars (26,6 milliards d’euros) de coupe, évitant la paralysie, Barack Obama continue de trembler. Après avoir appliqué une politique de l’offre, sous la pression des républicains, en aidant les entreprises grâce à des subventions et à la diminution des taxes, il s’agit de la deuxième crise politique en cinq mois. Pour empêcher le blocage du système, la Maison Blanche a dû instaurer une politique d’austérité demandée par les conservateurs qui place les Républicains en position de force. Et si Bill Clinton était parvenu à se faire réélire suite aux six jours (du 14 au 19 novembre 1995) puis aux trois semaines (du 16 décembre au 6 janvier 1996) de « shutdown » causé par le blocage du budget au Congrès, à majorité républicaine depuis janvier 1995, la configuration économique actuelle est différente et risque de déstabiliser l’ex-sénateur de l’Illinois.

La menace du Tea Party

Clinton, apprécié des classes moyennes, des jeunes, et des Afro-américains, était politiquement plus centre-droit que ne l’est Obama. Tous deux arrivent au pouvoir dans une situation économique difficile mais Clinton redresse les finances et fait baisser le chômage (10 millions d’Américains étaient concernés) quand Obama peine à relever l’économie fédérale de la crise et fait grimper la dette publique, qui pourrait atteindre le plafond des 14 290 milliards de dollars autorisés le 16 mai. Lui qui en 2006 avait voté contre le relèvement du plafond de la dette risque aujourd’hui d’en demander l’augmentation au Congrès, qui souhaite attacher des réductions de dépenses à tout projet de loi. Rendu peu populaire par sa réforme de la santé, Barack Obama devra se pencher sur les programmes de sécurité sociale Medicare et Medicaid, destinés aux personnes âgées et aux populations défavorisées, tout en affrontant la première offensive des extrémistes du Tea Party contre lui pour 2012. Un diable de Tea Party que les conservateurs peinent à maintenir dans sa boite, les républicains ayant permis à la Maison Blanche de financer le « Planned Parenthood » – planning familial – qui rime avec avortement pour le Tea Party, qui critique les dépenses gouvernementales en faveur d’une protection sociale au niveau fédéral. Si le budget a finalement été voté, il ne s’agit que d’une simple bataille dans la guerre politique et la deuxième manche se jouera rapidement : l’année fiscale 2011 s’arrête en septembre.

Anaïs Vendel

Economies et hausse d’impôt contre le déficit

La réduction du déficit américain est l’un des fers de lance des Républicains dans le vote du budget. Pour cause, il atteindra 14 300 milliards de dollars dès mi-mai. Dans un contexte tendu (lire au-dessus), Barack Obama a annoncé à Washington vouloir réduire le déficit de 4 000 milliards de dollars sur 12 ans et le ramener à 2,5% du PIB en 2015. Et il y a urgence. Nourrie par le plan de relance de 2009 et les guerres en Afghanistan et en Irak, la dette dépassera les 100% du PIB pour la première fois depuis 1945. Pour y parvenir, sont prévues des économies dans la Défense, la santé, l’augmentation des impôts et des coupes automatiques si les objectifs n’étaient pas atteints d’ici 2014.

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